Photo : Kampee Patisena / 123RF

L’énorme écart de prix entre les pétroles canadien et américain devrait se resserrer l’année prochaine, croit Brian See, gestionnaire de portefeuille pour Gestion d’actifs CIBC.

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« Sur quatre millions de barils de brut produits chaque jour au Canada, environ 60 % souffrent d’un fort écart de prix avec le [brut de référence américain] WTI. Alors qu’on approche des 50 $ US de différence, il devient très difficile pour nos producteurs d’obtenir un rendement acceptable sur leurs projets », observe Brian See.

Selon l’expert, l’écart s’est creusé depuis que la production s’est accélérée et qu’elle a dépassé la capacité de transport du pétrole brut vers les raffineries. « Dans un contexte comme celui-ci, les prix tombent en-dessous des prévisions », dit-il.

« Une grande part du pétrole brut canadien transite par des pipelines, notamment Keystone et Transmountain, où les tarifs sont établis séparément du [brut de référence canadien] WCS, et les prix du brut y sont plus attrayants. Le vaste écart qu’on observe aujourd’hui se situe surtout sur le pipeline Enbridge Mainline. Cela représente à peu près un million de barils par jour. C’est ce million-là qui a un impact négatif sur l’économie », explique Brian See.

Cependant, le malheur des uns fait le bonheur des autres, puisque les raffineries américaines branchées à Enbridge Mainline réduisent leurs coûts de matières premières. « L’écart profite ainsi aux participants du marché en aval des producteurs canadiens », dit Brian See.

Mais l’expert croit que l’écart se resserrera bientôt.

« Plusieurs raffineries du Midwest sont actuellement en phase d’entretien, ce qui les empêche de raffiner environ un million de barils par jour. Elles vont être remises en fonction dans le mois qui vient, ce qui va accenturer la demande et donc réduire l’écart avec l’offre », dit-il.

« D’un autre côté, les niveaux de stock sont très élevés dans l’Ouest du Canada, et seule une petite portion de la production peut être entreposée. Par le passé, il y a avait une capacité de stockage élevée qui agissait comme un tampon lorsque l’offre dépassait la demande. Mais ce n’est plus le cas, ce qui contribue à maintenir l’écart de prix », note Brian See.

Selon lui, cette situation sera améliorée lorsque le transport du brut par rail va augmenter au pays, et quand l’entrée en fonction de nouveaux pipelines d’Enbridge lui donneront une capacité supplémentaire d’environ 400 000 barils par jour. En conséquence, il entrevoit des écarts entre 20 et 30 $ US d’ici la fin 2019 et le début 2020.

« Dans ce contexte, c’est le bon moment d’investir dans les producteurs de produits pétroliers lourds, comme Cenovus, qui vient de conclure une entente [de trois ans pour acheminer son brut vers le Golfe du Mexique], ou Canadian Natural Resources, qui offre aussi des produits pétroliers légers, ce qui l’aide à tempérer l’escompte sur les produits lourds. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.