Après une année 2016 exceptionnelle, la principale place boursière du Canada a connu un fort mauvais trimestre, rapporte Le Monde dans son édition d’hier.

Rappelant qu’il s’agit de la sixième plus importante Bourse dans le monde en termes de capitalisation boursière, le quotidien français estime que Toronto a subi le contrecoup du recul des cours du pétrole.

La preuve? Son indice vedette, le S&P/TSX, n’a gagné que 1,7 % durant les trois premiers mois de 2017 alors que, dans la même période, le S&P 500 de la Bourse de New York enregistrait une progression de 5,5 %. Au total, relève Le Monde, « tous les indices ont fait mieux que le torontois, à l’exception du Nikkei, qui a diminué de 1,1 % sur cette période ».

REPLI DES ACTIONS DU SECTEUR DE L’ÉNERGIE

Ce résultat médiocre intervient après un exercice 2016 « particulièrement prolifique », souligne le journal, qui rappelle qu’en gagnant 17,5 % par rapport à son niveau de décembre 2015, le S&P/TSX avait connu sa plus forte hausse depuis 2009, au point de surclasser tous ses pairs de la planète finance, notamment le Dow Jones (du moins jusqu’à ce que la Bourse new-yorkaise plébiscite la victoire de Donald Trump en novembre dernier) et le LSE, « miné par la dépréciation de la livre sterling sur fond de Brexit ».

« Le résultat décevant [de la Bourse de Toronto] par rapport à celui de l’indice MSCI tous pays (+5,2 %) s’explique essentiellement par un repli de 6,2 % des actions du secteur de l’énergie, qui représentent environ un cinquième de l’indice S&P/TSX », affirment des économistes de la Banque Nationale (BN) dans Le Mensuel boursier d’avril de l’institution financière, repris par Le Monde.

La contraction du secteur de l’énergie au Canada est en effet « directement liée à la variation des prix du pétrole » alors que le prix du brut a reculé de plus de 6 % depuis le début de l’année après avoir rebondi en décembre à la suite d’un accord passé le mois précédent entre les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), observe le quotidien.

LE PRIX DU PÉTROLE PLOMBÉ PAR UN TROP-PLEIN

« Cette décision de l’OPEP est venue soutenir les cours pendant un certain moment. Mais les producteurs d’Amérique du Nord, eux, n’ont pas ralenti leur production, ils en ont même profité pour gagner des parts de marché. Au final, la production accrue de brut continue de plomber le prix du pétrole », explique dans Le Monde Matthieu Arseneau, économiste principal à la BN.

Dans Le Mensuel boursier, ce dernier prévoit que « les secteurs des services financiers et des matériaux resteront les moteurs du marché boursier canadien » au cours des prochains mois, tandis que « les banques (…) continuent d’être avantagées par une économie intérieure relativement solide, avec un marché du travail en bonne santé, une bonne croissance des salaires et autres formes de rémunération, et une expansion du crédit relativement stable ».

Lorsque l’OPEP se réunira à nouveau, à la fin du mois de juin, pour évaluer l’impact des quotas de production établis à l’automne, « nul doute que le Canada, un pays où le pétrole représente 20 % du produit intérieur brut, scrutera les décisions du cartel avec la plus grande attention », conclut Le Monde.