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Et rend les obligations de sociétés d’autant plus attrayantes, selon Nicholas Leach, vice-président à Gestion d’actifs CIBC.

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« Voilà sept à huit mois, lorsque les banques centrales sont passées de l’optimisme à la prudence, les marchés obligataires se sont redressés et les rendements ont baissé partout. On va voir cette tendance se poursuivre dans la seconde moitié de 2019 en réaction aux signaux mitigés de l’économie mondiale », dit Nicholas Leach.

Selon l’expert, les deux principaux facteurs qui poussent les banques centrales à la prudence sont l’incertitude géopolitique et le faible taux d’inflation.

Dans le premier cas, il est difficile de prévoir les conséquences mis à part le fait qu’elles sont généralement de courte durée. Mais pour l’inflation, selon lui, on peut s’attendre à ce qu’elle demeure faible à long terme sous l’effet du progrès technologique.

« Je ne pense pas seulement aux géants du commerce électronique comme Amazon et eBay, mais aussi à la pénétration des téléphones intelligents, qui frise les 100 % dans certains cas. Tous les consommateurs se promènent avec un appareil de détermination des prix dans la poche, ce qui leur donne beaucoup de pouvoir.

Il y a aussi les médias sociaux et les plateformes comme YouTube, où ils peuvent trouver des vidéos pour apprendre à réparer n’importe quoi par eux-mêmes, partout en tout temps. S’ils n’y parviennent pas, ils peuvent trouver un remplacement usagé sur Craigslist ou Kijiji », illustre Nicholas Leach.

« Cet effet de la technologie ne vas aller qu’en s’amplifiant. À l’avenir il y aura les connexions 5G, l’internet des objets, l’intelligence artificielle, les villes intelligentes, les véhicules autonomes… Tout cela va contribuer à réduire les coûts. Et tant que l’inflation demeure faible, les banques centrales ont une bonne raison de conserver des taux bas », poursuit l’expert.

Selon lui, cela va continuer de pousser les investisseurs vers les rendements supérieurs des obligations de société. Il en donne deux exemples qui retiennent son intérêt.

« Dans la catégorie du haut rendement, l’un de nos placements surpondérés est Sprint Communications, le quatrième opérateur de télécommunications sans fil aux États-Unis. Il a récemment reçu l’approbation du département de la justice et du FCC pour une fusion avec T-Mobile, le troisième opérateur américain. Nous croyons que l’écart de rendement du titre est trop large. L’entreprise a des revenus de 34 milliards de dollars américains, des flux de liquidités de 10 milliards, et un coussin de 27 milliards sur le marché des actions. Si on la compare avec ses homologues canadiennes, Sprint compte presque deux fois plus d’utilisateurs que Rogers, Telus et Bell réunies, et son profil financier est similaire. Donc son rendement de 5,5 %, soit un écart de 400 points de base, nous paraît très sous-évalué », dit Nicholas Leach.

« Une autre de nos surpondérations est sur First Quantum, le chef de file mondial de la production de cuivre, qui a récemment investi des milliards dans le développement d’une mine au Panama. Lorsqu’elle entrera en production à la fin de l’année, ce sera l’une des mines de cuivre les plus importantes et les moins coûteuses au monde. Cela aura certainement un effet positif sur leurs revenus, leurs liquidités, leur profil de risque et leur diversification, ce qui rend ces obligations très, très attrayantes. Le titre à échéance de cinq ans offre 9 % avec une importante couverture par l’actif et un coussin de 7 milliards sur le marché des actions. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.