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Il faudrait plutôt s’inquiéter de la popularité croissante des prêteurs hypothécaires alternatifs, dit Benjamin Tal, économise en chef adjoint à la CIBC.

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« Le marché immobilier canadien a fortement ralenti, particulièrement à Vancouver et à Toronto, après les hausses marquées de 2015 et 2016. La principale cause est simplement la gravité : les prix dans ces deux villes ont atteint un niveau complètement inabordable », dit Benjamin Tal.

L’autre cause selon lui est la ligne directrice B-20 du Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF), qui vise à limiter les prêts risqués dans un contexte d’endettement des ménages, avec des critères plus exigeants qu’auparavant pour l’octroi d’une hypothèque.

« Les émissions d’hypothèques ont baissé de 25 milliards dans la dernière année, et j’estime que la moitié de cette baisse est attribuable à la ligne directrice B-20. Cela correspond aux objectifs du BSIF, qui considère qu’il a accompli sa mission. Mais je crois que la B-20 pourrait gagner en souplesse. Ses exigences pourraient être rabaissées. Cela mérite discussion », dit Benjamin Tal.

L’économiste s’inquiète de la croissance des prêts hypothécaires alternatifs, une conséquence directe de la B-20 puisque beaucoup de Canadiens qui se sont vu refuser des hypothèques par les institutions financières se sont tournés vers les prêteurs privés, sociétés de placement hypothécaires et coopératives d’épargne de crédit. Ces organismes sont encadrés par les provinces et n’ont donc pas à se soumettre aux nouvelles exigences du BSIF.

« Les prêteurs alternatifs comptent désormais pour 14 ou 15 % du marché, contre 8 à 10 % voilà quelques années. Il faudrait réglementer ces organismes. On est en train de transférer le risque vers un segment non réglementé du marché. On transfère le risque de la lumière à la noirceur, et cela est très, très risqué », prévient Benjamin Tal.

« Dans l’ensemble, le ralentissement de l’immobilier est extrêmement sain. Le marché était devenu un peu fou en 2016 à Toronto et en 2015 à Vancouver, et il est simplement en train de redevenir raisonnable. Ce n’est pas une chute libre : c’est un marché qui cherche ses prix. Le phénomène n’est pas encore terminé, surtout dans la portion résidentielle à faible hauteur. Mais le marché se stabilise. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.