Aux États-Unis, la pandémie a forcé les cabinets à déplacer sur Internet leurs processus de recrutement de conseillers. La formule a montré certains avantages et devraient se perpétuer même lorsque la situation sanitaire sera sous contrôle, rapporte Financial-Planning.

Il faut dire que la pandémie de coronavirus a dans un premier temps freiné presque totalement les recrutements de conseillers. Le confinement a rendu impossible leurs visites dans les bureaux du cabinet, les rencontres au restaurant et même la traditionnelle poignée de main pour sceller l’entente. Les conseillers se trouvaient d’ailleurs pour la plupart bien trop occupés à gérer l’impact de la crise sur leurs clients pour magasiner une nouvelle affiliation.

FLIRTS EN LIGNE

Depuis, le recrutement a repris, mais avec des formules bien différentes. C’est désormais en ligne que les deux parties se courtisent. La formule a offert certains avantages. Elle élimine le coût en temps et en argent des déplacements et améliore la démonstrations des outils technologiques de la firme.

Financial-Planning rapport que Raymond James a procédé à 300 rencontres virtuelles avec de potentiels nouveaux conseillers depuis mars. En temps normal, l’entreprise réalise environ 650 visites de recrutement par année. Scott Curtis, président du groupe Clients privés de Raymond James, souligne que la technologie permet de scinder le processus en plusieurs petites rencontres, plutôt que de passer un journée ou une demi-journée à discuter. « C’est beaucoup moins dérangeant », précise-t-il.

Le recrutement en ligne assure aussi un plus grand niveau de discrétion. C’est important pour certains conseillers qui explorent de nouvelles options, sans nécessairement avoir envie que leur employeur actuel ne l’apprenne. 

PLUS DE DIVERSITÉ

Vanessa Oligino, directrice des solutions de performance d’affaires de TD Ameritrade Institutional, croit même que cette stratégie pourrait favoriser la diversité en réduisant les biais dans les processus de recrutement. « Nous croyons que c’est une manière bien plus objective d’approcher le recrutement, soutient-elle. [Les firmes pourront trouver] plus de femmes et plus de gens de couleur, qui auraient peut-être été éliminés autrement. »

Puisque l’obligation de se rendre au bureau quotidiennement ne semble plus à l’ordre du jour, les firmes peuvent également étendre leur terrain de chasse à des régions plus éloignées. Le recrutement en ligne et le travail à distance ouvrent ainsi de nouvelles possibilités. « En ce moment, on peut embaucher n’importe qui, n’importe où, poursuit Mme Oligino. Je ne crois pas que les firmes reviendront en arrière. »

MOINS DE SPONTANÉITÉ

Cette méthode a toutefois son revers de la médaille. Les conseillers ne sont pas tous aussi à l’aise avec ces technologies. Ces dernières peuvent également connaître des problèmes ou souffrir d’une mauvaise connexion Internet, ce qui alourdit les processus.

On perd surtout une partie de la spontanéité que permettait une visite en personne. Fini les chances de croiser un ancien collègue par hasard ou de discuter quelques minutes de manière informelle avec un dirigeant à la machine à café. 

Malgré tout, les firmes semblent prêtes à payer ce prix. Peut-être n’ont-elles pas vraiment le choix. « Le recrutement reste le meilleur rendement sur le capital investi pour ces entreprises et représente vraiment le cœur de leur croissance organique », affirme Devin Ryan, analyste de recherche principal à JMP Securities. Selon lui, les firmes qui ont investi dans leurs systèmes technologiques arrivent à retrouver des niveaux de recrutement similaires à ceux qu’ils connaissaient avant la pandémie.

Que pensez-vous de l’idée de participer à un processus de recrutement entièrement virtuel ou d’en organiser un?