Le total des offres d’emploi au Canada se situait à 30 % sous les niveaux de 2019 la semaine dernière, selon Indeed Canada, un site de recrutement qui a glané ses propres données, rapporte le Financial Post.

L’écart était de 31 % la semaine précédente et de 49 % au début de mai, de sorte que la trajectoire semble aller dans la bonne direction, mais une reprise complète des offres d’emploi reste insaisissable.

« Bien qu’aucune province n’ait complètement comblé l’écart du nombre total de postes par rapport à la tendance de l’an dernier, les nouvelles affectations ont comblé l’écart dans plusieurs petites provinces, indique Indeed Canada dans une note sur son site web. Au 24 juillet, la tendance des nouvelles affectations était en fait plus élevée que les niveaux de 2019 à Terre-Neuve-et-Labrador, au Nouveau-Brunswick et en Saskatchewan, tandis que la Nouvelle-Écosse était juste en dessous. Pendant ce temps, l’Alberta, la Colombie-Britannique et l’Ontario ont tous fait des progrès au cours du dernier mois. En revanche, la reprise a été plus faible au Québec. »

Les offres d’emploi pour les postes de transport et d’assistance administrative ont augmenté de près de 25 % par rapport au début du mois de mai, selon les données du site web. Les postes de construction, de chargement et de stockage ont également bondi de près de 35 % au cours de la même période. La reprise est menée par des emplois moins bien rémunérés, car les emplois mieux payés ont été moins touchés pendant la pandémie.

Oxford Economics note que si la réouverture initiale de l’économie en mai et juin a permis un rebond de 1,2 million de l’emploi, une reprise complète prendra environ deux ans, et bien plus longtemps pour les secteurs tels que l’hôtellerie et le tourisme.

« Nous prévoyons que la reprise de l’emploi se déroulera en deux phases distinctes : une période rapide de réembauche, alors que les fermetures économiques sont graduellement levées cet été, suivie d’un retour beaucoup plus lent, plus prolongé et inégal aux niveaux d’emploi d’avant le virus d’ici la fin de 2022. En outre, les risques des rechutes sont importants jusqu’à ce qu’une solution de santé viable émerge », écrit Tony Stillo, directeur de Canada Economics à Oxford Economics, dans un rapport publié mardi.

Environ 10 millions de Canadiens, soit environ la moitié de la population active, continuent de dépendre de la Prestation canadienne d’intervention d’urgence et de la Subvention salariale d’urgence du Canada.

La première phase de la reprise de l’emploi est déjà en cours, l’économie ayant regagné 1,2 million d’emplois, soit environ 40 % des 3 millions perdus de février à avril. L’emploi s’établit désormais à 12,3 %.

« Nous prévoyons que les gains d’emplois seront modérés, mais resteront solides tout au long de l’été, avec une reprise économique d’environ 60 %, avance Tony Stillo dans une note. Bien que le rebond ait été robuste, la reprise perdra de son élan dès le début de l’automne, car la croissance de l’emploi ralentira à environ 80 000 postes par mois à la fin de l’année, puis ralentira jusqu’à ce qu’elle se stabilise à un rythme plus durable. Par conséquent, nous pensons que le Canada ne récupérera pas entièrement son niveau d’emploi d’avant la pandémie avant la fin de 2022. »

S’il y a une deuxième vague d’infections, l’emploi pourrait baisser de 380 000 par trimestre d’ici au premier trimestre de 2021, et le taux de chômage grimperait à 13,5 %, plus proche de son sommet de pandémie de mai 2020, note Oxford Economics.

« Bien que le choc sur le marché du travail résultant d’une deuxième vague ne soit probablement pas aussi important que lors de la première vague, il ferait dérailler la reprise et retarderait d’un an et demi le retour aux niveaux d’emploi d’avant le virus, jusqu’au milieu 2024. »

Statistique Canada publiera son enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail jeudi et les données sur le PIB de mai vendredi.