Puisqu’aucune récession n’est à prévoir aux États-Unis dans l’avenir immédiat, et que le billet vert s’avère stable, mieux vaut chercher le rendement dans les obligations en dollar, ici ou ailleurs, dit Ignacio Sosa, directeur des solutions produits pour DoubleLine Capital, à Los Angeles.

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« La banque centrale américaine a injecté des billions de dollars dans l’économie depuis plusieurs années. Cela a généré une croissance très modeste, cependant la valeur des marchés financiers a gonflé, tant dans les actions que les obligations. Pour voir la tendance se renverser, il faudra une récession », dit Ignacio Sosa.

Or aucune récession n’est en vue, si on se fie aux divers indicateurs, affirme l’expert.

« Nous sommes très loin de la zone de danger. Il y a quelques indicateurs économiques négatifs, mais rien qui puisse pointer vers une récession », dit-il.

Ignacio Sosa donne pour exemple la courbe du chômage réel rapportée à la moyenne mobile simple, sur 12 mois et sur 36 mois. Chaque fois qu’une récession a eu lieu depuis les années 1930, l’un des premiers phénomènes observés a été le croisement de ces deux lignes. Or, c’est loin d’être le cas actuellement.

« Ce n’est pas un indicateur 100 % sûr de l’imminence d’une récession, mais c’est une condition nécessaire à la récession », précise-t-il.

Résultat : les prix élevés des marchés financiers sont là pour rester, et c’est un problème pour ceux qui veulent y investir.

« Il y a encore de bonnes occasions du côté des créances titrisées, et des titres adossés à des actifs. Mais les obligations américaines sont peu attrayantes : celles de catégorie investissement sont le plus cher qu’elles ont été depuis longtemps, et celles à haut rendement n’offrent des écarts intéressants qu’avec de longs termes, ce qui les expose aux hausses de taux d’intérêt. Or ces dernières sont lentement mais sûrement en train de grimper, donc la compensation n’est pas suffisante par rapport au risque », dit Ignacio Sosa.

Restent les pays émergents. À condition de choisir des titres en dollars américains, prévient-il.

« Les obligations des pays émergents sont soumises à une grande volatilité en raison de leurs devises ; cela peut effacer les gains que l’on fait lorsque les titres gagnent en valeur, parce que soit le crédit s’améliore et les écarts se contractent, soit les taux d’intérêt baissent et le prix des obligations augmente. On l’a vu au Brésil où le scandale lié à la présidente Dilma Rousseff a fait grimper le réal de 3% en une seule journée. Nous ne voulons pas introduire une telle volatilité dans la stratégie si elle ne livre pas les rendements additionnels que nous cherchons. Donc mieux vaut choisir des titres en dollars américains. »