Rue King Ouest, à Toronto.
Photo : Elijah Lovkoff / 123RF

Après des années de sous-performance, les étoiles pourraient bien s’aligner en 2019 pour le marché canadien, dit Craig Jerusalim, gestionnaire de portefeuilles, actions canadiennes pour Gestion d’actifs CIBC.

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« Les actions canadiennes ont progressé de 60 % depuis dix ans, pour un rendement annualisé de 5,5 %. Ce n’est pas mauvais, sauf quand on les compare aux 104 % de l’indice mondial MSCI ou aux 171 % du S&P 500. Le fossé s’élargit encore quand on regarde les trente dernières années, où le rendement annualisé du TSX a été de 7,7 % contre 11,5 % pour le S&P 500 », dit Craig Jerusalim.

Les investisseurs canadiens ont tendance à avoir un parti pris pour le marché intérieur, dans lequel ils placent une grande part de leur épargne relativement à la part du Canada dans le marché mondial, note Craig Jerusalim. Raison de plus pour les éclairer sur les perspectives du TSX en 2019.

« L’une des raisons de la sous-performance du Canada depuis dix ans est la composition de son indice en comparaison avec celui des États-Unis. Les géants des technologies comme Microsoft, Apple, Google et Amazon ont propulsé la croissance américaine pendant que les matières premières du TSX ont connu la morosité », note Craig Jerusalim.

Mais selon l’expert, le party des technologies tire à sa fin, en raison de la « loi des grands nombres » et aussi d’un resserrement de la réglementation. De leur côté, les matières premières canadiennes comme l’or et le pétrole devraient profiter d’une « pause » du dollar américain alors que la Fed freine ses hausses de taux d’intérêt.

« Le secteur de l’énergie est vital pour l’économie de l’Ouest canadien et ses titres composent près de 20 % du TSX, sans compter les banques et les entreprises de construction qui lui sont indirectement exposées », souligne Craig Jerusalim.

Or, croit-il, les prix du pétrole devraient profiter de la nouvelle politique énergétique de l’Alberta, de l’essor du transport ferroviaire du brut, et des baisses de production de l’OPEP, de la Russie et de l’Alberta. En conséquence, le TSX a une belle année 2019 devant lui.

« Les ratios cours-bénéfice sont de 14,5 sur une période mobile de douze mois. Non seulement l’indice se négocie 1,5 fois moins cher que sa moyenne à long terme, mais aussi 1,5 fois moins cher que le marché américain. Ce rabais est en contraste avec la négociation à la prime du TSX par le passé. Bien que les prix ne soient pas toujours les meilleurs indicateurs des rendements à venir, ils offrent un bon coussin si les conditions économiques devaient mal tourner », ajoute Craig Jerusalim.

« Du côté de la croissance, le [S&P 500] a connu une hausse massive des profits de 20 % depuis douze mois, contre 14 % pour le TSX. Mais la comparaison d’une année à l’autre devient de plus en plus difficile pour les États-Unis. Le consensus sur la croissance des profits canadiens dépasse désormais de 3 à 4 % celui sur la croissance des profits américains pour l’année 2019. Le TSX est donc moins cher que le S&P 500 avec de meilleures perspectives de croissance », poursuit l’expert.

« Un autre avantage du TSX sur le S&P 500 est le rendement en dividendes. Le rendement supplémentaire de 1,2 % du TSX va certainement prendre de l’importance dans le contexte de la volatilité des marchés », ajoute-t-il.

« En conclusion, bien que ce soit toujours une bonne idée de diversifier [les régions au sein d’un portefeuille], le TSX est en bonne voie de surperformer cette année par rapport aux marchés américains. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.