Ce n’est pas demain la veille qu’un ordinateur remplacera le conseiller dans le secteur de la gestion de patrimoine, estime La Presse.

Le robot n’est qu’un outil de plus à la disposition des professionnels, selon le quotidien montréalais. « Possiblement voué à un bel avenir, il n’ajoute pour l’instant qu’un volet numérique qui permet à l’investisseur de procéder plus facilement à l’ouverture de son compte et de modifier ses objectifs en ligne », résume-t-il.

Après avoir rappelé qu’il s’agit essentiellement d’« un logiciel qui détermine la répartition du portefeuille appropriée à [la] situation [du client] et qui exécute les transactions », le journal indique que les solutions qu’il propose sont généralement des portefeuilles composés de fonds négociés en Bourse, puisque l’un des principaux objectifs du recours aux algorithmes est d’offrir à l’investisseur un produit à moindre coût.

UN CONCEPT ENCORE PEU DÉVELOPPÉ

Le concept de conseiller-robot intéresse beaucoup les institutions financières canadiennes, notamment la Banque Nationale et BMO, souligne La Presse. Ainsi, cette dernière a lancé en 2016 une « solution numérique autonome » baptisée Portefeuille futé, qui s’adresse à des clients dont les besoins ne sont pas très complexes, en particulier les jeunes. Toutefois, malgré l’intérêt qu’elles suscitent, les machines demeurent encore peu nombreuses au sein des établissements bancaires, tant au pays qu’aux États-Unis.

Comme le rappelait récemment Conseiller, les robots ne servent encore que 3 % des investisseurs. Les professionnels en chair et en os sont donc loin d’être remplacés par leurs homologues automatisés, même si les plus jeunes sont de plus en plus enclins à les utiliser. Au total, moins d’un investisseur sur cinq serait ainsi à l’aise d’acheter des produits de placement au moyen de ce système, selon un sondage mené l’an dernier par Pollara.

« Les gens prêts à tout faire en ligne actuellement ne représentent que 10 % à 20 % de la clientèle totale », confirme dans La Presse Martin Gagnon, président, gestion de patrimoine à la Banque Nationale. Ce qui n’empêchera pas l’établissement de proposer dès l’automne prochain les services d’un conseiller-robot maison à ses clients, qui pourront néanmoins continuer d’avoir accès à un « vrai » professionnel au besoin.

« Pour nous, la définition du conseil implique qu’il y ait toujours un humain derrière et que ce conseil soit personnalisé », assure le dirigeant.

LES CLIENTS VEULENT UN ROBOT ET UN CONSEILLER

Cet avis est corroboré par une récente recherche démontrant que les clients souhaitent à la fois avoir accès à la technologie et aux conseillers en chair et en os. Ainsi, les deux tiers (68 %) des riches investisseurs émergents en Amérique du Nord optent désormais pour un conseil hybride combinant services consultatifs traditionnels et outils numériques à faible coût. Et même si le conseil est fourni virtuellement, l’humain reste toujours considéré comme l’option la plus fiable pour les nouvelles idées d’investissement par une légère majorité (51 %).

De manière générale, les solutions de placement qu’offrent aujourd’hui les machines sont peu élaborées et reposent sur les principes de base de l’investissement, relève par ailleurs La Presse. Elle cite à preuve Ian Gascon, président de Placements Idema, selon lequel le danger est d’« hyper simplifier » les propositions d’investissement. Outre la facilité à utiliser l’outil, le plus important reste l’expertise financière derrière la construction du robot, croit le spécialiste.

Dans ces conditions, comment évaluer sa qualité? Le Globe and Mail publie chaque année un guide sur ces outils. « Pour l’instant, il n’existe pas de classement [officiel], mais ça viendra peut-être un jour », répond Ian Gascon, qui ajoute que la performance de leurs portefeuilles pourrait éventuellement les départager.

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