Photo : George Tsartsianidis / 123RF

Les institutions financières d’un océan à l’autre sont « profondément engagées » envers l’équité salariale entre les hommes et les femmes, rappelle l’Association des banquiers canadiens (ABC).

Dans un communiqué diffusé mercredi, l’ABC, qui représente plus de 60 banques canadiennes et étrangères établies au pays, souligne que ses membres ont pour objectif d’assurer « l’équité salariale et le principe du salaire égal pour travail de valeur égale ».

À l’occasion d’une rencontre avec des représentants du secteur bancaire, la ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et du Travail s’est par ailleurs dite très satisfaite du soutien de l’association au projet de Loi sur l’équité salariale dans les milieux de travail sous réglementation fédérale déposé lundi par le gouvernement libéral.

« C’EST CE QU’IL EST INTELLIGENT DE FAIRE »

« Adopter une loi sur l’équité salariale n’est pas seulement la bonne chose à faire, mais c’est aussi ce qu’il est intelligent de faire. L’Association des banquiers canadiens et ses membres l’ont prouvé tout au long de leurs 35 dernières années. Au bout du compte, lorsque les gens sont traités équitablement et ont des chances égales de réussir et d’atteindre leur plein potentiel, les entreprises, les clients et tous les consommateurs en tirent avantage », a notamment déclaré Patty Hajdu.

« La diversité, l’inclusion et l’égalité, surtout en ce qui concerne les femmes dans le milieu du travail, constituent le meilleur chemin à emprunter pour les entreprises canadiennes, un chemin qui fera de notre pays, dans son ensemble, un endroit meilleur. La législation fédérale en matière d’équité salariale est une dalle essentielle qui s’ajoute à cette voie vers un objectif que nous visons depuis longtemps », a pour sa part assuré Neil Parmenter, président et chef de la direction de l’ABC.

Selon la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), la nouvelle loi vise à « corriger, à l’intérieur d’une même entreprise, les écarts salariaux dus à la discrimination fondée sur le sexe à l’égard des personnes qui occupent des emplois dans des catégories d’emplois à prédominance féminine ». La CNESST ajoute qu’elle lance également « un message clair » aux entreprise que « la valeur du travail des femmes doit désormais être rendue visible et reconnue ».

TROIS ANS POUR SE METTRE À NIVEAU

Une fois adoptée, cette loi concernera toutes les organisations de 10 employés ou plus sous réglementation fédérale, rappelle La Presse Canadienne, qui précise que cela comprendra bien sûr la fonction publique fédérale, les milieux de travail parlementaires et les cabinets ministériels, mais aussi les employeurs privés des secteurs des banques, des transports et des communications. Le nouveau régime obligera les employeurs à établir un programme d’équité salariale dans les trois ans suivant son entrée en vigueur.

Ceux-ci devront en outre définir leurs différentes catégories d’emplois, évaluer le travail accompli et comparer ensuite les rémunérations associées à des emplois similaires, dominés respectivement par des hommes et des femmes, indique l’agence de presse. Enfin, un commissaire à l’équité salariale sera nommé au sein de la Commission canadienne des droits de la personne pour jouer un rôle de sensibilisation et faire appliquer la loi. Son équipe sera chargée d’aider les employés à comprendre leurs droits et obligations, et de faciliter le règlement des litiges.

À noter que la future loi aura pour effet d’abroger la Loi sur l’équité dans la rémunération du secteur public présentée par l’ancien gouvernement conservateur, dans laquelle l’équité salariale était soumise à des négociations collectives.