réseau de personnes autour d'un cadenas, symbole de protection des données
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L’open banking pourrait bien permettre aux grandes institutions financières de reconquérir une clientèle qui se désintéresse des services financiers traditionnels, mais il pose aussi d’énormes défis en matière de cybersécurité.

Selon un récent rapport d’Accenture, les Canadiens font généralement confiance aux banques pour conserver leurs données en toute sécurité, mais maintenir cette confiance pendant l’évolution de l’industrie vers l’open banking obligera les banques à trouver le juste équilibre entre mesures de sécurité robustes et expériences clients conviviales.

Bien que la plupart des banquiers interrogés croient que la confiance des clients envers les partenaires de l’écosystème des banques est très ou extrêmement importante, seuls 29 % des banquiers canadiens déclarent savoir que leurs partenaires de l’écosystème s’emploient diligemment à être conformes et résilients en matière de sécurité.

« En nous rapprochant de l’adoption de l’open banking au Canada, nous augmenterons l’interconnectivité entre les banques et les tiers, ce qui créera des points de faiblesse et de vulnérabilité supplémentaires pour la sécurité du réseau des banques, soutient Bob Vokes, directeur général des services financiers à Accenture Canada. La sécurité dépend du maillon le plus faible du réseau de partenaires de l’écosystème. »

Le rapport d’Accenture s’appuie notamment sur un sondage mené auprès d’environ 800 banquiers du monde entier.

SE RAPPROCHER DU CLIENT

L’un des principaux objectifs visés par les banques en matière d’adoption de nouvelles technologies consiste à « reconquérir la proximité du client ». Pour ce faire, elles tenteront de reproduire l’expérience vécue par les clients lorsqu’elles font affaire avec une banque dans une petite municipalité.

La plupart des banquiers interrogés au Canada (78 %) estiment que les données démographiques numériques leur donneront un nouveau moyen d’identifier les opportunités du marché et les besoins non satisfaits des clients, et 83 % des personnes interrogées dans le monde estiment que cela offrira un moyen plus efficace de comprendre les clients.

« Les outils numériques peuvent fournir aux banques de nouvelles informations en temps quasi réel sur leurs clients et les aider à identifier leurs besoins non satisfaits, indique Alan McIntyre, chef mondial de la pratique bancaire d’Accenture. Obtenir une connaissance approfondie des activités numériques et technologiques des clients est un outil puissant que les banques peuvent utiliser pour se rapprocher de l’adaptation de leurs produits et services au “segment individualisé” insaisissable. »

LA RÉVOLUTION 5G

Alors que la personnalisation des services bancaires et leur prestation en temps réel est une tendance de plus en plus forte dans l’industrie financière, près de quatre dirigeants de banques sur cinq dans le monde ont déclaré que la 5G allait révolutionner le secteur bancaire en offrant de nouveaux moyens de fournir des produits et des services, tels que la transmission vidéo plus rapide, qui pourrait être utile pour améliorer l’offre de conseils financiers. Ainsi, plus de la moitié (55 %) des répondants estiment que la 5G aura une incidence considérable sur le secteur dans trois ans, et 20 % estiment que la 5G aura une incidence considérable dans quatre à cinq ans.

Parmi les principales technologies perturbatrices identifiées dans le rapport, on note également le registre distribué (dont la blockchain est une forme), l’intelligence artificielle, la réalité augmentée et l’informatique quantique. Près de la moitié (47 %) des banquiers interrogés pensent que l’IA aura l’incidence la plus importante sur leur institution au cours des trois prochaines années. Selon Accenture, les banques peuvent réduire leurs coûts de 20 à 25 % en accroissant leurs activités s’appuyant sur l’IA.

Bien que plus de la moitié des banques canadiennes mettent à l’essai ou aient adopté l’IA dans un ou plusieurs secteurs d’activité, 10 % n’envisagent pas d’instaurer l’IA ni de l’évaluer en vue de son adoption. En outre, 50 % des entreprises canadiennes mettent à l’essai ou ont adopté la technologie de registre distribué et de la chaîne de blocs dans un ou plusieurs secteurs d’activité.

LES BANQUES EN RETARD SUR LES EMPLOYÉS

Du côté des ressources humaines, le rapport souligne que les banques doivent suivre le rythme de l’innovation demandée par leur main-d’œuvre. À ce chapitre, près des trois quarts (72 %) des dirigeants de banque au Canada estiment que leurs employés ont une maturité numérique supérieure à celle de leur institution, ce qui oblige la main-d’œuvre à attendre que la banque rattrape son retard.

La formation et le perfectionnement professionnel sont également en forte demande chez les employés. Près de la moitié (45 %) des personnes interrogées dans le monde ont déclaré que plus de 40 % de leur main-d’œuvre occupait déjà de nouveaux postes exigeant du perfectionnement professionnel approfondi, et 71 % s’attendent à ce que plus de 40 % de leur main-d’œuvre occupe de nouveaux postes nécessitant du perfectionnement professionnel approfondi.