Photo : Vadim Ginzburg / 123RF

La crise actuelle invite à une surpondération des obligations avec la plus grande diversité possible, selon Patrick O’Toole, vice-président, titres à revenu fixe à Gestion d’actifs CIBC.

Cliquez ici pour entendre l’entrevue complète en baladodiffusion sur Gestionnaires en direct, de la CIBC

« Le marché haussier est terminé et les investisseurs doivent repenser leur répartition d’actifs. Il n’y a pas si longtemps, ils déploraient le fait que les rendements obligataires étaient très bas, toutes catégories confondues, quand même certains titres à haut rendement n’atteignaient que 4 %. Mais cela est bien fini », dit Patrick O’Toole.

Les obligations de sociétés de catégorie investissement offrent désormais des rendements au-delà de 3 %, et même de 6 % pour certains titres du secteur canadien de l’énergie, note l’expert. Si les rendements des obligations gouvernementales restent très faibles, les titres de sociétés sont devenus attrayants pour les investisseurs en quête de rendement.

« Nous recommandons de surpondérer les obligations de sociétés tant dans la catégorie investissement que dans le haut rendement, mais en conservant tout de mêmes des obligations gouvernementales. Celles-ci ont joué leur rôle de protection des portefeuilles en temps de crise, et nul n’est certain qu’il n’y aura pas une résurgence, une seconde vague d’infections. Il faut donc conserver ces titres, mais il vaut la peine de les sous-pondérer pendant que l’on sur-pondère les obligations de sociétés », dit Patrick O’Toole.

L’expert rappelle que les marchés obligataires ne se limitent pas au Canada. Les investisseurs ont intérêt à choisir autant des titres du gouvernement fédéral, des provinces et des sociétés canadiennes que des obligations d’autres pays.

« C’est l’occasion de considérer différents produits dans le marché pour multiplier les sources de fonds : vous pouvez vous exposer à la fois aux obligations mondiales, à la dette privée, aux devises, tout pour diversifier votre portefeuille. Cela vous donne de la stabilité face à la volatilité, tout en améliorant vos rendements à long terme », croit Patrick O’Toole.

« Règle numéro un : ne paniquez pas. Des crises surviennent régulièrement et surviendront encore, et c’est pourquoi il faut conserver un portefeuille diversifié en tout temps. La priorité maintenant est de rééquilibrer vos actifs, de diversifier le plus possible, et d’en tirer les leçons pour ne pas vous faire prendre à nouveau », poursuit l’expert.

Les plus nerveux seront sans doute tentés de retirer simplement leurs billes du marché, et cela peut aussi être une bonne idée, reconnaît Patrick O’Toole.

« Vous pouvez garder quelques liquidités en réserve pour avoir des munitions quand les marchés baisseront de nouveau. Mais rappelez-vous que les marchés gagnent toujours à long terme. »