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Le Canada risque d’être l’un des pays industrialisés dont la richesse par habitant croîtra le moins d’ici 2060, selon un récent rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques.

Dans ce scénario économique à long terme dévoilé la semaine dernière, l’OCDE anticipe notamment que le vieillissement démographique, le taux d’emploi, le niveau d’investissement et les gains de productivité inférieurs à la moyenne pourraient faire en sorte que la croissance canadienne réelle figure parmi les plus faibles des pays membres du G20 au cours des 40 prochaines années.

Selon Le Devoir, qui décortique les conclusions de ce document d’une cinquantaine de pages, cette perspective peu réjouissante pourrait néanmoins être en partie corrigée si le gouvernement fédéral adoptait des réformes structurelles en matière de retraite ou de réglementation des marchés.

LE CANADA AU NIVEAU DE L’ESPAGNE

Si l’on en croit l’OCDE, les locomotives du monde émergent que sont aujourd’hui la Chine (114 % de croissance), l’Inde (164 %) et l’Indonésie (130 %), notamment, continueront d’enregistrer une très forte progression de leur produit intérieur brut (PIB) par habitant, même si celle-ci devrait ralentir à mesure que ces pays grossiront. Résultat : dans 40 ans, la Chine et l’Inde devraient à elles seules peser environ 40 % de l’économie de la planète, soit l’équivalent des 36 pays membres de l’Organisation.

En revanche, la croissance moyenne du PIB de ces derniers sera beaucoup plus faible, puisque l’augmentation moyennes des pays appartenant à ce groupe sera de seulement 69 %. Et encore cette moyenne cache-t-elle d’importants écarts : alors que l’économie de la Turquie croîtra de 115 %, celles de la France (71 %), du Royaume-Uni (68 %) ou de l’Allemagne (62 %) seront nettement moins dynamiques. Sans parler des États-Unis (57 %) et du Canada (54 %), à égalité avec l’Espagne.

Si le rapport de l’OCDE ne traite pas spécifiquement du Canada, Le Devoir souligne que les indications et remarques qui y figurent démontrent que son potentiel de croissance est moins important que celui de plusieurs autres États, notamment en ce qui concerne le taux d’emploi, les investissements en capital, l’augmentation de la main-d’œuvre ou les gains d’efficacité de cette dernière.

REFONTE DU SYSTÈME DE RETRAITE

L’OCDE précise toutefois que son scénario pourrait être modifié si certains pays, comme le Canada, lançaient des réformes politiques et institutionnelles pour « donner un coup de pouce aux niveaux de vie futurs ».

Des mesures visant à rapprocher les politiques du marché du travail dans les pays membres avec celles des pays les mieux classés permettraient ainsi une augmentation de 6,5 % du taux d’emploi global vers 2040, essentiellement grâce à un accroissement du taux d’emploi des jeunes et des femmes. Accompagnées de réformes visant à maîtriser les dépenses de santé, ces réformes permettraient d’alléger les tensions pesant sur les budgets futurs en réduisant de plus de la moitié les recettes supplémentaires nécessaires pour stabiliser la dette publique.

Toujours d’ici 2060, l’indexation de l’âge de la retraite sur l’espérance de vie, comme le font déjà certains pays, permettrait de relever le taux d’emploi global des aînés dans l’OCDE de plus de 5 %. Au Canada, l’adoption de telles mesures « permettrait de réduire d’environ le tiers les hausses d’impôts nécessaires aux gouvernements pour faire face à l’augmentation des coûts liée au vieillissement de la population », conclut Le Devoir.