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Bien d’autres facteurs peuvent influencer les marchés, en premier lieu ceux auxquels on s’attend le moins, dit Paul Roukis, gestionnaire de portefeuille pour les stratégies de valeur à forte capitalisation chez Rothschild Asset Management, à New York.

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« Le consensus des marchés américains est que le président Trump va être réélu, alors ils réagissent peu à la campagne présidentielle pour le moment. Mais cela pourrait changer à mesure qu’approche le mois de novembre. L’élection est un événement à résultat binaire qui peut concrètement influencer la direction du pays pour les années à venir », dit Paul Roukis.

« Ce qui distingue cette campagne, ce sont les philosophies radicalement différentes des différents candidats. Et bien que certains soient modérés, ce sont les idées des plus extrêmes qui ont reçu le plus d’intérêt. Cela va générer de l’incertitude », prévoit-il.

Comme le rappelle l’expert, la dernière présidentielle américaine nous a appris à n’exclure aucune possibilité, ce qui va alimenter d’autant plus l’incertitude. Les dépenses des consommateurs et des entreprises pourraient ainsi ralentir avant l’élection, ce qui freinerait l’économie américaine.

« Pour le conseil d’administration d’une société comme pour un consommateur, c’est difficile d’établir un plan de jeu quand on ne connaît pas encore les règles du jeu », dit Paul Roukis.

Si le président Trump est réélu, il ne faut pas pour autant s’attendre à la stabilité, prévient-il. En effet, une fois débarrassé des soucis de la réélection, M. Trump pourrait décider d’intensifier son protectionnisme, par exemple.

Dans tous les cas, les secteurs des soins de santé et des technologies sont les plus susceptibles d’être affectés par l’élection, croit-il.

« Les pharmaceutiques, les assureurs médicaux et les fournisseurs de services de santé sont les plus à risque car les programmes des candidats démocrates visent à transformer leur marché. Les grandes entreprises de technologies pourraient aussi être prises pour cible par les politiciens qui sont préoccupés par les enjeux de confidentialité », dit Paul Roukis.

Outre l’élection, d’autres facteurs de volatilité pourraient apparaître en 2020.

« Pour le moment, les marchés sont calmes et les titres s’échangent à des prix records. Mais plusieurs vents contraires pourraient souffler, comme la dette des sociétés, qui a pris de l’ampleur. Ce que l’Histoire nous indique, c’est que les événements qui ont le plus d’impact sur les émotions des investisseurs sont ceux auxquels ils ne s’attendent pas », dit Paul Roukis.

En tout cas, la guerre commerciale sino-américaine, grande créatrice d’incertitude en 2019, ne devrait plus inquiéter les investisseurs pour les années à venir, croit l’expert.

« La phase 1 d’une entente a été signée, mais cela va prendre des années avant qu’une phase 2 soit sur la table. Tant qu’aucune escalade ne survient, les marchés ne devraient plus s’en soucier », dit Paul Roukis.

« Le grand risque dont peu de gens parlent, c’est l’inflation. Les probabilités sont faibles pour qu’elle croisse à des niveaux qui pourraient inquiéter la Fed, mais ces probabilités sont supérieures à zéro. Les marchés apprécient le taux d’inflation actuel autour de 2 %, de même que les autres catégories d’actifs, comme les obligations et l’immobilier. Mais si la Fed est forcée de réagir à une pression inflationniste, cela pourrait changer la trajectoire des marchés. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.