Des documents remis au régulateur britannique et révélés par Bloomberg montrent des écarts salariaux prononcés entre les hommes et les femmes dans les filiales des banques canadiennes.

Ces écarts sont particulièrement prononcés dans les opérations britanniques de la Banque Scotia et de la Banque TD. En moyenne, la Banque Scotia paie les femmes 44 % de moins que les hommes au Royaume-Uni. Le fossé se creuse encore plus du côté des primes, alors que les hommes reçoivent 72 % de plus que les femmes.

TD ne fait guère mieux. Les femmes y ont un salaire moyen inférieur de 43 % par rapport à celui des hommes, et y touchent 63 % de moins en bonis. La TD compte 284 employés dans ses succursales londoniennes, dont 31 % sont des femmes.

Les écarts salariaux entre les hommes et les femmes varient parmi les trois filiales de RBC (RBC Investor Services Trust, RBC Europe Ltd. et Royal Bank of Canada, succursale de Londres). Dans l’ensemble, les femmes y touchent 39 % de moins que les hommes, un écart qui grimpe à 69 % pour les bonus. Le plus gros écart se trouve du côté de RBC Europe, où les salaires des femmes sont la moitié de ceux des hommes. Par ailleurs, BlueBay Asset Management, qui appartient à RBC, affichait un écart de 19 % entre le salaire horaire des femmes et des hommes et une différence de 56 % du côté des bonis.

Du côté de la Banque de Montréal, propriétaire de F&C Asset Management au Royaume-Uni, l’écart salarial était de 34 % et de 82 % pour les bonis. C’est toutefois Hargreave Hale, propriété de Canaccord Genuity Group Inc depuis septembre dernier, qui bat tous les records. Les femmes y gagnent 82 % de moins que les hommes, et leur bonis y sont inférieurs de 93 %.

LES FEMMES SE FONT RARES AU SOMMET DES BANQUES

« Nous avons analysé notre rémunération par genre et cela a révélé une disparité importante entre les genres dans certains rôles », admet la firme dans son rapport remis au régulateur. Toutefois, la problème serait surtout l’absence de femmes dans les postes les mieux rémunérés et les plus hauts placés.

Ce constat est un peu le même dans toutes les banques concernées. Si elles se défendent de moins bien payer les femmes que les hommes pour des postes et des tâches similaires, elles doivent admettre que plusieurs postes bien rémunérés restent une chasse gardée masculine. C’est surtout de là que viendrait l’écart salarial entre les deux genres.

La Banque Scotia rappelle que ses activités britanniques sont strictement dans le secteur du détail. Selon les dirigeants de la banque, la surreprésentation des hommes dans les postes de « front office » expliquerait les écarts salariaux.

« Pour un poste similaire, nous nous efforçons de rendre [nos programmes de rémunération] neutres en termes de genre, soutient pour sa part Bharat Masrani, PDG de TD. Malheureusement, Certains de ces ratios rendus publics ne sont pas représentatifs. Ils ne comparent pas des postes similaires. »

Même réaction à la Banque Royale. « Le rapport UK Gender Pay Gap ne compare pas le salaire d’employés dans des rôles similaires pour du travail similaire; la différence dans la rémunération moyenne entre hommes et femmes apparaît parce que nous avons plus d’hommes que de femmes dans des postes senior. »

UN PROBLÈME GÉNÉRALISÉ

Au Royaume-Uni, les compagnies de 250 employés et plus doivent évaluer et rapporter les écarts salariaux entre les hommes et les femmes au plus tard le 4 avril de chaque année. Les écarts les plus prononcés sont apparus dans des banques réputées telles HSBC et Goldman Sachs, où les femmes gagnent moins que la moitié du salaire des hommes, surtout parce qu’elles sont peu représentées dans les postes de cadres.

Le rapport sur l’écart salarial entre les genres pourrait donc en fait pointer vers deux autres problèmes : les écarts salariaux entre les dirigeants et leurs employés, ainsi que la sous-représentation des femmes dans les postes clés. Plus ça change…

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