Une femme d'affaire fière. Derrière elle, on voit des bras musclés dessinés à la craie sur un tableau noire.
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Les femmes sont plus susceptibles d’occuper des postes de dirigeantes ou d’administratrices dans les banques canadiennes que dans les banques américaines, selon Bloomberg. 

Dans les six grandes banques canadiennes, plus d’un tiers des vingt femmes qui occupent des postes élevés supervisent des divisions qui génèrent des revenus, selon un sondage de Bloomberg réalisé auprès de grandes banques nord-américaines. Aux États-Unis, cette proportion tombe à un quart. 

CIBC et RBC arrivent en tête quant à la représentation des femmes dans leur conseil d’administration au 1er mars 2019, avec des proportions respectives de 43,8 % et 41,7 %. La Banque nationale suit avec 38,5 %, soit la même proportion que la banque américaine Wells Fargo. Les six grandes banques canadiennes figurent dans le top 10 établi par Bloomberg à cet effet. Côté américain, en plus de Wells Fargo, on retrouve First Republic, KeyCorp et US Bancorp.

Dans les deux pays, les femmes tendent à être responsable des ressources humaines ou du marketing, ou à occuper des postes tels que vérificatrice, avocate générale, directrice de la gestion des risques ou directrice administrative. Toutefois, au Canada, les femmes ont plus de chances de dénicher des postes où elles génèrent des revenus et qui peuvent éventuellement les mener à un poste de directrice générale.

UN BON BULLETIN POUR LES BANQUES

Selon Tanya van Biesen, directrice générale au Canada de Catalyst Inc., les banques canadiennes offrent une bonne performance sur le plan de la représentation féminine dans les postes de direction et d’administration. « Elles ont mené la charge en termes de politiques progressistes et cela se voit dans les chiffres », dit-elle.

La progression des femmes dans le secteur bancaire canadien découle d’un mélange de nouvelles lois et réglementations et d’une volonté du secteur privé de faire mieux à cet égard, ajoute-t-elle. Des lois sur l’équité des genres s’appliquent aux banques canadiennes depuis 1995. Près de 20 ans plus tard, les autorités en valeurs mobilières ont commencé à exiger des entreprises cotées à la Bourse de Toronto qu’elles dévoilent annuellement le nombre de femmes siégeant à leur conseil d’administration ou occupant des postes de haute direction.

Ces données montrent que les femmes occupent de 30 à 45 % des postes équivalents ou supérieurs au poste de vice-président dans les six grandes banques du pays. Il est particulièrement important de voir des femmes occuper de plus en plus de fonctions directement liées à la génération de revenus, car ce sont ces emplois qui permettent d’accéder à un poste de PDG.

En 202 ans d’histoire, les grandes banques canadiennes n’ont jamais eu de femme PDG. La division canadienne de HSBC Holdings Plc est présentement dirigée par Sandra Stuart, alors que Gillian Riley est PDG de la banque en ligne Tangerine, une filiale de la banque Scotia. Au Québec, Monique Leroux a dirigé le Mouvement Desjardins de 2008 à 2016.

REGARDER CHEZ LE VOISIN

Les banques canadiennes n’hésitent pas à recruter des femmes qui travaillent dans des banques américaines. En février dernier, Kelly Coffey, qui dirigeait la division de gestion du patrimoine de JPMorgan Chase & Co., est devenue PDG de City National Bank à Los Angeles, une filiale de la RBC. La semaine dernière, RBC a refait le coup en recrutant Michelle Neal, la PDG de BNY Mellon Markets, pour la placer à la tête de sa filiale new-yorkaise spécialisée en revenus fixes, devises et matériaux. En janvier dernier, BMO annonçait l’embauche de Kristi Mitchem comme PDG de BMO Gestion mondiale d’actifs. Elle occupait auparavant le poste de PDG gestion d’actifs de Wells Fargo & Co.

Au total, les femmes formaient 58 % des équipes de travail des six grandes banques canadiennes et 38 % des poste de haute direction en 2017, selon l’Association des banquiers canadiens. Trente ans plus tôt, la proportion des femmes dans des postes de haute direction n’était que de 2,6 %. Les femmes occupent au moins un tiers des sièges aux conseils d’administration de ces entreprises. C’est plus du double de la moyenne de l’ensemble des compagnies nationales (15 %), selon les Autorités canadiennes en valeurs mobilières.