Réserve fédérale américaine
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Elles vont faire preuve de prudence face aux conditions financières du tournant de l’année, pense Luc de la Durantaye, chef des placements et investissements pour Gestion d’actifs CIBC.

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« La situation actuelle est difficile à comprendre et je peux lire la confusion sur les visages des investisseurs. En effet, 2018 n’était pas une mauvaise année du point de vue économique, avec une inflation saine et une croissance contrôlée. Il y a eu un petit ralentissement à la fin, mais pas au niveau qui aurait pu laisser entrevoir les mauvaises performances des marchés », dit Luc de la Durantaye.

Actions et obligations ont toutes connues une année difficile en fin de compte, en raison de « contre-courants » étrangers aux données purement économiques, note l’expert. Il cite les tensions commerciales, l’incertitude quant aux politiques, les événements inhabituels comme le Brexit (qui n’est toujours pas résolu) ou les négociations autour du budget de l’Italie, et surtout le retrait progressif de plusieurs banques centrales de la politique d’accommodation. Tout cela crée beaucoup de « bruit » qui rend l’environnement difficile à comprendre, selon lui.

«Les conditions financières du début d’année comprennent un repli des actions, un regain du revenu fixe, et un élargissement des écarts de crédit. Ces conditions font en quelque sorte le travail des banques centrales, ce qui les amène à marquer une pause. On l’a vu récemment avec la Fed et la Banque du Canada, et aussi la Banque centrale européenne. Toutes sont plus prudentes dans leurs plans de renormalisation des politiques monétaires », dit Luc de la Durantaye.

« Nous croyons également que l’économie américaine doit ralentir pour éviter la surchauffe. Le chômage est à 0,75 % sous la plupart des estimations du plein emploi, l’inflation est proche de sa cible de 2 %, et tout cela donne des munitions à la Fed pour jouer la prudence en 2019 dans la normalisation de leurs politiques. Cela devrait rassurer quelque peu les investisseurs », poursuit l’expert.

« Quant à la Banque du Canada, elle fait face à un niveau élevé d’endettement des ménages et à de bas prix du pétrole. Ces deux moteurs de notre économie seront au ralenti en 2019, ce qui devrait pousser la Banque à réduire ses hausses de taux. On en verra une ou deux tout au plus », entrevoit Luc de la Durantaye.

« La Banque centrale européenne est dans une situation similaire où l’économie ralentit et l’inflation est faible par rapport à ses cibles. Elle devra donc demeurer accommodante. Quant à la Banque populaire de Chine, bien que le cycle économique soit au creux de la vague, l’inflation demeure basse et étant donné les tensions commerciales, la Chine devrait rester en mode de soutien de l’économie plutôt qu’en mode de ralentissement. Nous pensons que la Banque populaire de Chine va donc assouplir sa politique monétaire cette année. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.