Un homme d'affaire analyse des courbes de rendement.
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La prochaine décennie offrira de moins bonnes performances que la dernière, croit Andrew Zimcik, membre de l’équipe de gestion de portefeuille chez Connor, Clark et Lunn à Toronto.

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« Dans les dix dernières années, les banques centrales ont beaucoup influencé les marchés d’actions, en expérimentant avec de nouveaux outils pour soutenir la relance suite à la crise financière », dit Andrew Zimcik.

Baisser les taux à zéro n’était pas suffisant ; les banques centrales devaient trouver d’autres méthodes pour stimuler l’économie, rappelle l’expert. Plusieurs se sont lancées dans des programmes d’apaisement quantitatif, qui ont consisté à acheter de grandes quantités de bons du Trésor à court terme, puis à long terme, puis des obligations de sociétés. Cette injection massive de liquidités dans le système a permis de soutenir l’inflation tout en gardant les taux bas, conduisant à la reprise économique que l’on a connue. Mais les marchés d’actions ont été affectés par le volume de transactions accru des marchés obligataires.

« L’injection de fonds dans les marchés financiers plutôt que dans l’économie réelle fait que ceux-ci en ont significativement profité, et ils sont maintenant revenus aux niveaux qu’ils ont connu avant l’éclatement de la bulle financière des technologies. Lorsque les banques centrales ont fait monter les prix des obligations en réduisant les taux d’intérêt, les investisseurs ont accru leur risque en se dirigeant vers les obligations à haut rendement. L’encombrement des marchés obligataires les a ensuite poussés vers les actions. En conséquence, toutes les catégories d’actifs sont progressivement devenues chères. Tous les prix sont ultimement liés au taux sans risque, qui a été intentionnellement manipulé par les banques centrales », explique Andrew Zimcik.

Le problème des prix élevés, c’est qu’ils nuisent au potentiel de performance à long terme, surtout dans le contexte macro-économique actuel, dit l’expert.

« On peut raisonnablement entrevoir des performances plus faibles sur les marchés d’actions dans la prochaine décennie. Les investisseurs devraient ajuster leurs attentes et modérer leur exposition au risque, en gardant à l’esprit que les dix prochaines années ne seront pas aussi bonnes que les dix dernières. Il faut se rappeler qu’une récession est très probable dans un avenir pas si lointain », prévient Andrew Zimcik.

Il faut de plus s’attendre à un surcroît de volatilité, croit-il.

« Les programmes d’apaisement quantitatif ont eu pour effet secondaire de réduire grandement la volatilité des marchés, mais ce n’est pas une situation soutenable à long terme. Il est important de rappeler aux investisseurs que dans un marché normal, les actions baissent un tiers du temps », dit M. Zimcik.

« Enfin, à mesure que l’instabilité augmente dans les marchés financiers, on peut s’attendre à payer un supplément pour les actions qui procurent de la stabilité. Les gens vont rechercher davantage d’entreprises stables, aux états financiers solides, avec des modèles d’affaires défensifs, et les actions de celles-ci vont grimper en conséquence. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.