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En deux ans, le taux d’adoption des fintechs au Canada a plus que doublé. La moitié des consommateurs du pays en utilisent, selon le Global FinTech Adoption Index 2019 d’EY. Pourtant, le Canada accuse encore un retard par rapport à d’autres pays.

Depuis 2017, l’adoption des fintechs a explosé au pays, passant de 18 à 50 %. Le rapport d’EY note plusieurs raisons qui poussent les consommateurs à s’y intéresser :

  • Les taux et frais avantageux (42 %)
  • La facilité d’ouverture des comptes (19 %)
  • L’accès à des produits et services plus novateurs (10 %)

« Au cours des deux dernières années, l’adoption des fintechs a gagné énormément de terrain au Canada, parallèlement à l’évolution des priorités des consommateurs et à la hausse des transferts d’argent et paiements, affirme dans un communiqué Anthony Rjeily, leader en matière de fintech d’EY pour le Québec. Désormais, elles ne sont plus simplement perçues comme perturbatrices dans le secteur des services financiers – ce sont maintenant de solides concurrentes, capables de s’adapter aux attentes et aux besoins changeants des consommateurs. »

BONNET D’ÂNE POUR LE CANADA

Malgré l’adoption de plus en plus forte de ces technologies, le Canada est à la traîne par rapport à d’autres pays. Son taux d’adoption est un des plus faibles du monde. Alors que 50 % de ses citoyens ont affirmé avoir recours aux fintechs, cette proportion s’élève à 64 % à l’échelle mondiale.

Cet écart s’explique essentiellement par le manque de connaissance des épargnants du pays en la matière. Ceux-ci préfèrent faire appel aux services de leur bonne vieille institution financière, car ils lui font confiance.

« Qu’ils adoptent ou non les fintechs, les consommateurs s’inquiètent de la sécurité de leurs données personnelles en ligne et font davantage confiance aux institutions et fournisseurs traditionnels avec lesquels ils peuvent interagir en personne », poursuit Anthony Rjeily.

UNE SITUATION EN ÉVOLUTION

« Même si les sociétés de services autres que les institutions financières ont été les premières à déployer de nouvelles technologies afin d’offrir des services novateurs, tout en répondant mieux aux attentes des consommateurs, elles n’ont pas encore la pleine confiance des consommateurs lorsqu’il s’agit de fournir elles-mêmes des services financiers », renchérit Anthony Rjeily. Selon lui, un gain de confiance a le potentiel d’ouvrir de nouvelles possibilités, tant pour les institutions financières que pour les fintechs.

La situation pourrait changer dans les années à venir, à condition que les banques fassent des partenariats avec des entreprises de technologie financière. Ainsi, si les consommateurs canadiens se sentent plus à l’aise d’interagir avec leurs institutions, près du tiers d’entre eux sont prêts à utiliser des produits offerts par des fintechs si celles-ci travaillent en collaboration avec leur institution financière.

On peut donc s’attendre à ce que le nombre d’utilisateurs de services de technologie financière continue d’augmenter dans les prochaines années.