Un Canadien sur trois envisage de profiter de la bonne conjoncture économique actuelle et de la solidité du marché de l’emploi pour acheter une maison d’ici deux ans, selon un sondage publié hier par la RBC.

Près d’un tiers des sondés d’un océan à l’autre (32 %) affirment ainsi être « très susceptibles » ou « plutôt susceptibles » d’acquérir un bien immobilier d’ici 2020, soit une hausse de 7 % par rapport à l’an dernier. Au Québec, cette proportion est légèrement inférieure (29 %), loin derrière l’Alberta (37 %), la Colombie-Britannique (36 %) et l’Ontario (33 %).

L’institution financière souligne qu’un tel niveau d’intention d’achat ne s’est pas vu depuis 2010, et ce, malgré les nouvelles règles de « simulation de crise » instaurées par le gouvernement fédéral pour les hypothèques non assurées.

LES Y SONT LES PLUS MOTIVÉS

Le sondage montre que quatre Canadiens sur 10 (39 %) connaissent la récente ligne directrice portant sur une simulation de crise publiée par le Bureau du surintendant des institutions financières Canada (BSIF) pour ces hypothèques, et que plus de la moitié d’entre eux (55 %) pensent que celle-ci influencera leur décision d’achat. Concrètement, ils prévoient faire une mise de fonds plus élevée (25 %), retarder leur achat (19 %) ou acheter une maison moins dispendieuse (18 %).

L’enquête d’opinion révèle également que ce sont les Y (âgés de 18 à 34 ans) qui expriment les plus fortes intentions d’achat (50 %). En outre, un peu plus du tiers des répondants (35 %) mentionnent qu’ils ont reçu ou recevront de l’aide financière de leur famille pour effectuer leur mise de fonds initiale, tandis qu’une proportion presque équivalente (36 %) prévoient de se débrouiller par leurs propres moyens, par exemple en ouvrant un compte d’épargne à cet effet. Le sondage relève par ailleurs que les futurs acheteurs de maison sont confrontés à deux principaux défis : savoir choisir la bonne propriété (32 %) et déterminer le montant qu’ils peuvent se permettre de payer pour l’acquérir (21 %).

Toujours selon l’étude, les propriétaires ont effectué des recherches en ligne pendant cinq semaines en moyenne avant de trouver leur résidence actuelle. Mais cette durée varie fortement en fonction des tranches d’âge et, parmi les Y, par exemple, près d’une personne sur 10 affirme être prête à l’acheter sans l’avoir vue réellement. Dans l’ensemble, les répondants accordent beaucoup d’importance aux « visites » virtuelles. Ainsi, près de la moitié d’entre eux (49 %) ont regardé en ligne des photos ou des vidéos de maisons à vendre avant de se déplacer. Enfin, pour déterminer les coûts et l’accessibilité, 39 % des nouveaux propriétaires disent avoir tenu compte de l’évaluation des maisons avoisinantes, tandis que 36 % se sont servi de « calculatrices d’accessibilité ».

LA CRAINTE D’UNE HAUSSE DES TAUX D’INTÉRÊT

Comparativement à la même période l’an dernier, un plus grand nombre de membres de la génération Y estiment par ailleurs que l’achat d’une maison constitue une bonne affaire : 84 % pensent qu’il s’agit d’un « très bon » ou d’un « bon » investissement, contre seulement 79 % en 2017. Les 18-34 ans se montrent également moins anxieux qu’auparavant au sujet de l’emploi (36 %, contre 47 %) et plus confiants dans le dynamisme de l’économie (19 %, par rapport à 28 %).

Enfin, l’enquête d’opinion observe que près des deux tiers des répondants (61 %) se disent « très préoccupés » ou « plutôt préoccupés » par la hausse des taux d’intérêt, soit presque 10 % de plus que l’an dernier à la même date. Résultat : plus du tiers d’entre eux (35 %) songent à acheter une maison plus tôt qu’ils ne l’avaient prévu pour profiter des faibles taux d’intérêt actuels, alors qu’un autre tiers (32 %) prévoient faire de même en prévision des hausses à venir au cours des prochaines années.

« Le taux n’est qu’une partie de l’équation, et les outils en ligne comme les calculatrices de l’accessibilité, les visites virtuelles et les localisateurs de quartier peuvent faciliter la planification de l’achat d’une maison. Il est important d’établir un budget non seulement en fonction du présent, mais aussi des futurs scénarios possibles. Pour ce faire, un acheteur doit envisager sa situation dans cinq ou 10 ans; par exemple, il pourrait avoir des enfants, devenir propriétaire d’entreprise ou même vouloir déménager dans une maison plus petite. Les outils en ligne peuvent l’aider à dresser un portrait financier plus clair ainsi qu’une liste de souhaits réaliste qui correspond à son budget et à ses besoins », commente Nicole Wells, vice-présidente, Financement sur valeur nette immobilière à RBC.

Le sondage a été mené en ligne par Ipsos Reid du 9 au 24 janvier auprès de 2 000 Canadiens âgés de 18 ans et plus. Son degré de précision se situe à ± 2,5 points de pourcentage, 19 fois sur 20.