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Leur bénéfice par action devrait croître de plus de 5 % en 2019, entrevoit Paul Roukis, gestionnaire de portefeuille pour les stratégies de valeur à forte capitalisation chez Rotschild Asset Management, à New York.

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« En début d’année on se méfiait d’un ralentissement économique et plus particulièrement d’une baisse des profits des entreprises. Ils se sont révélés plus résilients que prévu si on en croit les résultats trimestriels du premier trimestre », dit Paul Roukis.

L’expert rappelle que les grandes entreprises américaines font face à des vents contraires, d’abord en matière de revenus, avec le ralentissement de l’économie mondiale et la force du dollar, puis de coûts, incluant leur masse salariale mais aussi leurs taxes foncières, leur assurance responsabilité, et le carburant, dont les prix ont augmenté. Et pourtant, la plupart sont parvenues à surmonter la pression sur les coûts et à maintenir leurs marges de profit, se réjouit-il.

« On s’attendait à ce que les titres du S&P 500 voient leurs profits baisser au premier trimestre en comparaison à l’année d’avant, mais environ 75 % d’entre eux ont dépassé les attentes. Au lieu de la modeste contraction attendue, on observe une croissance trimestrielle de 2 à 3 % d’une année à l’autre », dit Paul Roukis.

Pour l’avenir, il s’attend à ce que les profits continuent de croître à un rythme soutenu.

« À l’automne 2018, on prévoyait une hausse de 9 % des bénéfices par action des grandes entreprises américaines pour l’année 2019. Mais avec la hausse des taux, le ralentissement de l’économie mondiale et la pression des coûts, la prévision a été revue à 3 % en début d’année. À présent que ce premier trimestre positif est derrière nous, les attentes sont remontées de 4 à plus de 5 % », dit l’expert.

« À moins d’un choc inattendu dans le système, ce qui est toujours probable avec les inquiétudes concernant les échanges commerciaux, les grandes entreprises devraient atteindre ce 5 %, car l’économie américaine est en bonne santé, l’emploi demeure solide et l’inflation faible, ce qui devrait inciter la Fed à demeurer neutre vis-à-vis d’un resserrement monétaire. Du point de vue macro-économique, les choses se présentent bien, même si ce n’est pas sans risque. Les ratios cours-bénéfices devraient demeurer autour de 16,5 et c’est pourquoi les gains se feront surtout dans la croissance des profits », analyse Paul Roukis.

Il cite en exemple la maison de courtage Charles Schwab, qui a évolué pour devenir une entreprise diversifiée tant dans les services bancaires que le conseil financier. Elle a une capitalisation boursière de 58 milliards de dollars américains et compte aujourd’hui 3,6 trillions en actifs sous gestion. Par nature, le titre tend à profiter de certains facteurs macro-économiques, dont une économie forte et des marchés d’actions en hausse. Or, il a perdu environ 30 % depuis son pic de 2018 suivant le changement de politique de la Fed.

« Les investisseurs ont pensé que Charles Schwab affichait trop de profits à court terme et serait incapable de maintenir des marges de plus de 40 %. C’est possible, mais quand le ratio cours-bénéfice a chuté à 14, son plus bas depuis une décennie, nous avons estimé que c’était une aubaine, même si les profits devaient baisser. Même si l’entreprise est sensible aux taux d’intérêt, nous sommes à l’aise avec ce risque étant donné l’escompte obtenu. Et Charles Schwab demeure une gagnante, dont les actifs ont connu une croissance organique de 6 % par année et dont les dépenses sont très faibles, ce qui lui donne un avantage concurrentiel. Ses profits projetés sont en croissance de 13 % pour 2019 et de 8 % pour 2020, ce qui nous semble raisonnable. De plus, l’entreprise a récemment augmenté ses versements de dividendes et est autorisée à procéder à un rachat d’actions de 4 milliards de dollars américains », explique Paul Roukis.

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.