Concept d'investisseurs observant, inquiets, les courbes d'un tableau boursier.
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La volatilité des devises ne devrait dissuader les investisseurs de miser sur les marchés étrangers, bien au contraire, juge Slava Kulesh, analyste de recherche principal au sein du groupe de recherche en gestion des investissements de la CIBC.

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« Les Canadiens craignent que les fluctuations des devises affectent négativement leurs placements et réduisent leur pouvoir d’achat une fois à la retraite. Mais il est important de distinguer les effets négatifs à court terme, qui provoquent des inquiétudes fondées, du potentiel à long terme pour réduire la volatilité des portefeuilles », dit Slava Kulesh.

En effet, bien que les devises fluctuent beaucoup à court terme, elles sont plutôt stables à long terme, croit l’expert. Prenant pour exemple des portefeuilles canadiens exposés au CAD, au USD et au JPY, il constate que l’impact des fluctuations a été « négligeable » sur les 25 dernières années. Il cite deux raisons à cela :

« D’abord, les fluctuations tendent à s’annuler les unes les autres. Par exemple, le CAD peut être dévalué par rapport au USD pendant qu’il s’apprécie en comparaison au JPY. Ensuite, les devises tendent à conserver leur valeur par rapport au cours de la vie, qui demeure stable au sein du même pays. C’est pourquoi nous observons plus de stabilité sur des périodes à long terme. »

Selon Slava Kulesh, détenir des actifs dans plusieurs devises permet en fait de réduire la volatilité d’un portefeuille à long terme, même si cela peut paraître contre-intuitif à première vue.

« Le dollar canadien se déprécie généralement dans les périodes de stress économique, car l’économie canadienne est fortement liée aux prix des matières premières. Lorsque cela arrive, les actifs en devises étrangères détenus par le Canadiens s’apprécient du même coup, qu’il s’agisse d’une propriété en Floride ou d’actions sur les marchés américains », dit Slava Kulesh.

« Les investisseurs canadiens exposés aux devises étrangères ne devraient donc pas s’inquiéter. Ils pourraient même en profiter. Excepté pour les devises des pays émergents, qui sont elles aussi influencées par les matières premières, mais cela est en train de changer puisque ces pays développent leur secteur tertiaire », poursuit Slava Kulesh.

« Ceux qui sont exposés à de courtes périodes, cependant, risquent de subir les effets d’une dépréciation à court terme. Ils devraient alors discuter avec leurs conseiller des moyens de se protéger. Mieux vaut faire appel à des outils de couverture de change que d’éviter complètement les placements à l’étranger. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.