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Un récent rapport de BMO Gestion de patrimoine rappelle que la forte prévalence du travail autonome et à contrats dans toutes les tranches d’âge présente des défis financiers particulier. Pour les surmonter, une planification financière soignée est un outil incontournable.

BMO a effectué un sondage auprès de plus de 1 000 propriétaires de petites entreprises canadiennes. Les réponses lui permettent de décrire un environnement qu’elle qualifie « d’économie à la demande », c’est-à-dire un contexte économique où les entreprises offrent moins d’emplois stables ou permanents et plus de travail temporaire ou contractuel. Les travailleurs autonomes et les salariés occasionnels y deviennent la norme plutôt que l’exception. De fait, selon Statistique Canada, 2,18 millions de Canadiens entraient dans la catégorie des travailleurs temporaires en septembre 2017. Ce groupe comprend les personnes qui occupent un emploi à terme ou à forfait, ou un emploi temporaire, comme les travailleurs autonomes.

CHACUN SES RAISONS

Le rapport de BMO montre que peu importe la génération, plus de la moitié des travailleurs indépendants avaient choisi de le devenir, que ce soit leur source principale de revenu ou pour gagner un revenu d’appoint. Les baby-boomers se démarquent, car trois sur dix d’entre eux font du travail autonome à temps partiel ou occasionnellement pour compléter leur revenu de retraite.

Les plus âgés choisissent le plus souvent le travail indépendant pour avoir de l’autonomie et du contrôle, alors que les plus jeunes sont proportionnellement plus nombreux à l’adopter pour gagner un revenu d’appoint ou en attendant de dénicher un meilleur emploi.

LE RÈGNE DE L’INSÉCURITÉ

Quelles que soient leurs raisons, ce choix n’est pas sans conséquence. « Bien que l’économie indépendante puisse être attrayante et lucrative, offrir de la flexibilité et la possibilité de travailler dans sa spécialité ou mieux concilier travail et vie personnelle, elle présente ses propres défis », a précisé Chris Buttigieg, directeur de l’Institut Info-patrimoine de BMO Gestion de patrimoine, par voie de communiqué.

Ces défis sont souvent d’ordre financier. Parmi les plus cités par les répondants, on note l’absence d’avantages médicaux, dentaires ou d’invalidité (69 %), l’absence de rémunération en cas de maladie (55 %) et une rémunération insuffisante (41 %). Les baby-boomers sont ceux qui déplorent le plus ces trois difficultés. En revanche, les Y et les X sont plus nombreux à craindre l’accumulation de dettes.

DES CONSEILS POUR ÉVITER LES ÉCUEILS FINANCIERS

En l’absence de revenus stables, d’avantages sociaux et de régimes de retraite offerts par l’employeur, il devient plus difficile pour ces travailleurs d’établir un budget, de gérer leur dette ou d’économiser pour des objectifs à long terme, notamment la retraite. Dans le cadre de son rapport, BMO offre quelques conseils à ces individus.

  • Établir un plan d’affaires
    BMO insiste sur l’importance de coordonner le plan d’affaires et le plan financier. Le premier vise à identifier et définir les mesures qui permettront au travailleur indépendant de faire de l’argent. Il mettra en évidence son expertise, ses services, sa clientèle, ses frais, etc. Lorsque le plan d’affaires est clair, il devient plus simple d’élaborer et de respecter un plan financier axé sur des objectifs à court, moyen et long terme.
  • Élaborer un budget
    C’est d’autant plus important pour le travailleur autonome que ses finances personnelles et professionnelles deviennent souvent très liées, alors qu’il faudrait les maintenir à distance. Le budget devrait permettre de s’assurer que le travail soutienne les finances personnelles. « Établissez un budget minimaliste qui comprend le moins de dépenses possible, et concentrez-vous sur les postes que vous pouvez contrôler, comme la nourriture, les voyages et le divertissement », conseille BMO.
  • Être organisé
    C’est notamment essentiel en ce qui concerne l’impôt et les paiements de cotisations au Régime de rentes du Québec. Le travailleur autonome devrait tenir un registre détaillé de ses revenus et dépenses. Consulter un fiscaliste pour bien comprendre les exigences en cette matière est loin d’être superflu.
  • Constituer un fonds d’urgence
    Ce fonds liquide devrait couvrir de trois à six mois de dépenses minimales. Il aidera aussi à couvrir certaines dépenses quand les contrats se feront plus rares.
  • Souscrire une assurance soins de santé individuelle
    Un incontournable pour protéger sa situation financière en cas de maladie.
  • Épargner en vue d’atteindre d’autres objectifs
    Les propriétaires d’entreprise et les travailleurs autonomes sont souvent très pris par le quotidien. Afin de diminuer le fardeau de la gestion de l’épargne, il est intéressant de privilégier les cotisations automatisées au REER et au CELI. Puisque le revenu de ces travailleurs fluctue, il est pertinent de réévaluer ces versements sur une base trimestrielle ou semestrielle.
  • Se protéger contre les risques
    Souscrire une assurance invalidité privée et parfois une assurance responsabilité civile peut éviter bien des ennuis. Les membres d’un ordre professionnel ou d’associations professionnelles offrent parfois des rabais sur ce type d’assurance.
  • Rembourser ses dettes et éviter l’endettement
    Au cas où il serait inévitable de contracter de l’endettement, le remboursement de la dette devrait être dûment inscrit dans le budget. Une assurance-crédit peut être utile au cas où le travailleur ne serait plus capable d’effectuer le remboursement.
  • Avoir un plan financier
    Une nécessité lorsque le revenu varie beaucoup. Le plan devrait être revu régulièrement, de manière à épargner de plus grosses sommes lorsque les revenus sont plus importants et à diminuer l’épargne à court terme lorsque ces revenus baissent.

Servez-vous beaucoup de clients dans cette situation? Quels sont leurs défis? Quelles solutions et stratégies leur proposez-vous?