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Quelque chose les retient de contribuer à la reprise économique, et les hypothèses ne manquent pas pour expliquer leur timidité, selon Benjamin Tal, économiste en chef adjoint à la CIBC.

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« Les investissements en capitaux s’améliorent aux États-Unis, mais étant donné la hausse de 30 % des liquidités des entreprises d’une année à l’autre, et les réductions d’impôt que leur a offertes l’administration Trump, cette performance n’a pas de quoi surprendre. Quelque chose retient les investissements d’atteindre les niveaux que l’on a vus par le passé. C’est manifeste aux États-Unis et encore plus au Canada », dit Benjamin Tal.

« La Banque du Canada a attendu longtemps une participation accrue des investissements et des exportations à l’économie, et elle a dit récemment en substance : assez c’est assez, nous n’attendons plus. Les investissements en capitaux ne sont pas seulement en retard, ils ne vont peut-être pas arriver du tout », poursuit l’économiste.

Les hypothèses pour expliquer cette timidité sont multiples, selon lui.

« C’est peut-être parce que la productivité s’est tant améliorée avec les technologies que les entreprises n’ont plus besoin d’investir beaucoup pour obtenir des résultats. C’est une excuse plausible. Ou alors c’est l’inverse : l’innovation contribue de moins en moins à la productivité et génère donc moins de résultats. Il est aussi possible que la baisse de la demande mondiale et la perspective d’une fin de cycle économique les fasse hésiter. Ou alors, les géants des technologies comme Amazon et Apple ont tellement de pouvoir sur le marché, comme des quasi-monopoles, que cela refroidit les investissements en capitaux », dit Benjamin Tal.

Quelle que soit la bonne explication, toutes suggèrent que le phénomène n’est pas temporaire et que les investissements des entreprises seront restés structurellement bas pendant toute la durée du cycle économique actuel, avance l’économiste.

« Même aux États-Unis, les investissements augmentent très lentement malgré l’afflux massif de liquidités pour les entreprises depuis la réforme fiscale. Si cela n’incite pas les entreprises à agir, alors quel sera le bon moment ? » se demande Benjamin Tal.

« Au Canada, on a l’incertitude autour de la signature du nouvel ALENA, nos entreprises ont perdu leur compétitivité depuis la réforme fiscale américaine, et maintenant elles doivent payer pour le carbone, ce qui n’est pas le cas aux États-Unis. Tout cela joue contre les investissements en capitaux, et les effets se font clairement sentir dans le secteur de l’énergie », poursuit-il.

Dans ce contexte, selon lui, on peut s’attendre à ce que la Banque du Canada demeure prudente malgré le niveau élevé du marché.

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.