Ours polaire rugissant sur la banquise.
Photo : Andrii IURLOV / 123RF

Alors qu’il y a deux ans, le groupe de travail du Conseil de stabilité financière sur l’information financière relative au climat a invité les entreprises à divulguer les répercussions financières liées au changement climatique auxquels elles sont confrontées, rares sont celles qui le font, selon un récent rapport de Moody’s Investors repris dans un article de Reuters.

Parmi l’échantillon de sociétés qu’analysait le rapport de Moody’s Investors, 80 % des entreprises affirmaient que le changement climatique affectait leurs décisions stratégiques. Pourtant, seules deux d’entre elles, une société européenne de services publics et une société pétrolière et gazière américaine, ont lié leurs projections climatiques avec un effet sur les flux de trésorerie et les bilans.

« Bien que les entreprises aient fait quelques progrès dans le niveau d’information qu’elles fournissent, la quantification standardisée et cohérente de l’impact financier des risques climatiques n’en est encore qu’à ses débuts », commente Vincent Allilaire, l’un des auteurs du rapport, dans une déclaration.

Autre fait à noter : les divulgations liées au climat sont en hausse dans l’ensemble, toutefois la qualité et la profondeur des rapports varient encore considérablement.

Au mois de mai, l’Association pour l’investissement responsable (AIR) était parvenue à des conclusions similaires à celles du rapport de Moody’s Investors et affirmait que bien que la disponibilité d’une information prenant en compte les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) serait utile à la prise de décision, les statistiques montraient que peu d’entreprises faisaient un rapport de leurs pratiques de développement durable. Pour combler ce manque d’information, l’AIR recommandait justement aux investisseurs de demander aux compagnies de faire preuve de plus de transparence.

Par conséquent, un grand nombre d’investisseurs exigent des entreprises de leur fournir de meilleures informations sur la manière dont les changements climatiques pourraient avoir un impact sur leurs activités.

À noter que les investisseurs seraient effectivement les premiers touchés si ces risques n’étaient pas pris en compte par les entreprises, car cela signifierait que leurs actifs sont mal évalués.