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Plusieurs facteurs extérieurs vont appuyer la Banque du Canada dans sa lutte contre l’inflation, croit Benjamin Tal, économiste en chef adjoint à la CIBC.

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« L’économie canadienne se porte relativement bien. Les chiffres du premier trimestre ont été très positifs et le printemps s’annonce également vigoureux. L’investissement des entreprises s’améliore, quant au consommateur, il se porte extrêmement bien; et après avoir exercé une forte demande sur les biens, il se tourne désormais vers les services », observe Benjamin Tal.

L’avantage des services est qu’ils sont par nature moins inflationnistes que les biens, car leur offre est bien plus élastique. Il est par exemple plus facile de lancer un restaurant que de démarrer une ligne de production manufacturière, argue l’expert. Néanmoins, il reconnaît que l’inflation demeure la préoccupation majeure des économistes actuellement.

« Le secteur de l’énergie a beaucoup contribué à l’inflation, mais il devrait le faire de moins en moins. Il y a aussi la perturbation des chaînes d’approvisionnement, qui provenait originellement de la COVID-19 mais devrait encore se poursuivre sous l’effet des complications en Chine et en Russie », entrevoit Benjamin Tal.

La pression inflationniste la plus persistante proviendra sans aucun doute du marché de l’emploi selon lui. Les pénuries poussent les salaires à la hausse, et l’effet est encore plus marqué aux États-Unis qu’au Canada.

Dans ce contexte, la Banque du Canada n’aura d’autre choix que d’augmenter ses taux d’intérêt.

« Une hausse de 1 à 2,5 % est à prévoir, et elle ralentira un peu l’économie ainsi que le marché immobilier. De plus, le spectre d’une récession pointe à l’horizon, comme c’est souvent le cas lorsque les banques centrales augmentent leurs taux trop rapidement, mais nous croyons que la réduction de l’inflation en provenance des chaînes d’approvisionnement et du secteur de l’énergie facilitera le travail de la Banque du Canada », tempère Benjamin Tal.

Autre facteur encourageant : la hausse des investissements des entreprises, soucieuses d’accroître leur productivité face à des coûts plus élevés.

« Dans les 20 dernières années, les marges de profit ont grandi sous l’effet de la mondialisation, des inventaires juste-à-temps, et de la main-d’œuvre bon marché. Désormais, tout est différent : on se démondialise, les inventaires passent du juste-à-temps au juste-au-cas, et la main-d’œuvre est peu disponible et onéreuse. Les entreprises commencent donc à investir dans la productivité, or celle-ci est le bouclier numéro un contre l’inflation », conclut Benjamin Tal.

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.