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Une étude récente publiée par la division de gestion de patrimoine de Bank of America Merrill Lynch montre que les conseillers ont encore des biais liés au genre et que cela pourrait bien leur coûter quelques clientes.

En effet, les femmes ont moins tendance à critiquer leur conseiller ou à le confronter ouvertement… mais hésitent moins à le quitter lorsqu’il ne remplit pas leurs attentes. Selon l’étude, 35­ % des femmes interrogées ont changé de conseiller après une expérience insatisfaisante, contre 30 % des clients masculins.

Kirstin Hill, cheffe des opérations de Merrill Lynch Wealth Management, citée dans cet article, rappelle que tous les professionnels du conseil financier ont quelques biais, fussent-ils inconscients, et qu’il vaudrait mieux pour eux de s’efforcer de s’en débarrasser.

DES BIAIS INCONSCIENTS

Sa firme a par exemple suivi le regard de conseillers qui s’entretenaient avec des couples hétérosexuels. Autant les femmes que les hommes regardaient le client masculin plutôt que sa conjointe plus de 60 % du temps.

Cela se traduisait aussi dans leurs paroles. En effet, la firme américaine a calculé plus de 10 méprises dans chaque rencontre de 30 minutes, généralement issue de suppositions erronées. Par exemple, les professionnels considéraient d’office l’homme comme celui qui prenait les décisions financières dans le couple, présumaient que les finances du couple étaient gérées conjointement ou encore que la femme voulait recevoir des directives, craignait plus le risque que son conjoint ou connaissait moins bien les sujets financiers que lui. 

DÉPASSER LES STÉRÉOTYPES

Les professionnels feraient bien de se délester de ce genre de biais. Aux États-Unis seulement, les femmes contrôlent 10 000 milliards de dollars (13 139 G$ CA) d’actifs. Ce chiffre devrait tripler au cours de la prochaine décennie, selon un rapport de McKinsey publié en juillet dernier.

L’étude de Merrill montre aussi que les femmes de moins de 55 ans sont plus à l’aise que leurs aînées avec les finances. Elles sont 4,5 fois plus nombreuses à dire qu’elles comprennent bien les produits et services financiers et trois fois plus nombreuses à être à l’aise de prendre les décisions financières par elles-mêmes. Cela les rend beaucoup moins tolérantes à l’égard des conseillers qui affichent des préjugés basés sur le genre.

Andy Sieg, directrice de Merrill Lynch Wealth Management, espère que cette étude aidera l’industrie dans son ensemble à confronter ces stéréotypes et à mieux servir les femmes tout au long de leur vie financière. « Il est grand temps que la gestion de patrimoine rattrape son retard et prenne en compte les expériences financières des femmes », conclut-elle.