Le modèle fiscal canadien est remis en cause par ceux qui sont chargés de le mettre en application. C’est ce que révèle un sondage mené auprès des fiscalistes de l’Agence du revenu du Canada (ARC).

Les Canadiens les plus fortunés peuvent-ils plus facilement éviter de payer de l’impôt que le reste de la population? Il semble que oui, si on en croit les fiscalistes du gouvernement fédéral.

PLUS CRITIQUES QUE LA MOYENNE

Neuf fiscalistes de l’Agence du revenu du Canada (ARC) sur dix sont d’accord avec l’affirmation disant qu’il « est plus facile pour les entreprises et les particuliers fortunés d’échapper ou d’éviter les responsabilités fiscales que pour les Canadiens moyens », indique un sondage effectué par Environics Research pour l’Institut professionnel de la fonction publique (IPFP) du Canada, un syndicat représentant 55 000 employés de la fonction publique au Canada.

Ces experts du système fiscal fédéral sont même plus nombreux à être de cet avis que la population canadienne (79%).

AVANTAGES DISPROPORTIONNÉS

Les crédits d’impôt, les exonérations et les échappatoires fiscales profitent de façon disproportionnée aux entreprises et aux contribuables les plus riches du Canada, estiment 81 % des répondants.

D’après ces spécialistes, l’ARC pourrait en faire davantage pour faire respecter les lois et ainsi faire entrer plus de revenus dans les coffres du gouvernement fédéral (84%). Mais l’ARC ne détient plus la formation ni la technologie nécessaires aux stratagèmes complexes d’évitement fiscal, croient une large majorité des fiscalistes de l’agence gouvernementale (79%).

« Ces constatations font ressortir les difficultés qu’éprouvent nos membres à assurer l’équité du régime fiscal canadien devant le recours aux paradis fiscaux et les stratagèmes d’évitement fiscal », commente Debi Daviau, la présidente de l’IPFP.