Photo : Tyson Anderson / 123RF

Les rendements spectaculaires n’ont pas déridé la plupart des grandes banques canadiennes, qui demeurent loin des entreprises de l’industrie du cannabis.

Une semaine après la légalisation du cannabis récréatif, les avis divergent plus que jamais sur la pertinence d’investir dans cette industrie nouvelle.

RENDEMENT DE 1 223 %

La performance boursière de plusieurs compagnies est « impressionnante », constate Radio-Canada, qui a mis en ligne un graphique illustrant cette dynamique.

Les sept entreprises scrutées par le média enregistrent une hausse de 10 % à 1 223 % de la valeur de leurs actions depuis leur entrée en Bourse. « Alors qu’elles n’étaient même pas cotées en Bourse il y a quatre ans et demi, elles totalisent désormais une capitalisation boursière de plus de 40 milliards de dollars », observe Radio-Canada.

BOUDÉE PAR LES GRANDES BANQUES

Malgré ces performances, les grandes banques canadiennes demeurent très prudentes envers l’industrie du cannabis. « Vous vérifiez tout, et elles continuent de ne pas vous aimer », affirme Bruce Linton, le directeur général de Canopy Growth, en entrevue avec le Financial Post.

M. Linton dit s’être fait annuler un rendez-vous avec une grande banque canadienne quelques semaines avant la légalisation du cannabis récréatif.

Les grandes banques canadiennes ne veulent pas avoir de problèmes avec le gouvernement américain, croit Cam Battley, chef de la direction d’Aurora Cannabis.

BMO OSE

Seule la BMO a osé faire affaire avec l’industrie du cannabis en menant un financement de 200 millions de dollars auprès de Canopy Growth.

Pourtant, la banque montréalaise croit qu’il faudra entre deux et quatre ans pour y voir plus clair sur ce nouveau marché, qui est sujet à une grande volatilité pour l’instant. Les projets les plus intéressants côtoient d’autres qui le sont beaucoup moins, affirme Daniel Barclay, co-chef du groupe mondial Banque d’affaires et services aux sociétés à BMO, cité par Bloomberg.

Pour M. Barclay, il ne faut plus regarder seulement du côté des producteurs de cannabis. En effet, d’autres joueurs vont profiter de la naissance de cette industrie, souligne-t-il, en citant les compagnies pharmaceutiques, les marques spécialisées, les entreprises de logistique et tous ceux qui entrent dans la chaîne du commerce de détail du cannabis.