Photo : Dmitry Lobanov / 123RF

Les investisseurs les plus riches manifestent une frustration envers des frais qu’ils jugent trop élevés, révèle le rapport World Wealth Report 2020 de Capgemini. 

La firme a réalisé un sondage auprès des clients à valeur nette élevée de plusieurs pays en janvier et février 2020. Un tiers de ceux qui détiennent plus de 1 M$ US (1,36 M$ CA) en actifs à investir se disaient inconfortables avec le niveau de frais facturé par leur gestionnaire d’actifs. Environ un investisseur fortuné sur cinq envisage de changer de conseiller en 2020 et les coûts s’avèrent très souvent en cause.

Pas moins de 42 % d’entre eux les invoquent comme première raison de troquer leur gestionnaire de patrimoine contre un autre. Les répondants préfèrent aussi en majorité rémunérer les conseillers ou gestionnaires de portefeuille en fonction des résultats plutôt que de l’actif sous gestion. 

L’INVESTISSEMENT VERT DANS LA MIRE

Par ailleurs, l’investissement durable intéresse plus d’un quart (27 %) des répondants et 40 % des ultra-riches. En moyenne, les investisseurs à valeur nette élevée entendent allouer 41 % de leur portefeuille à des produits verts avant la fin de 2020 et 46 % avant la fin de 2021. Environ 80 % des firmes de gestion de patrimoine offrent désormais des options de ce type. 

Cet intérêt envers la finance responsable n’est pas qu’humaniste. La perspective de meilleurs gains et de risques plus faibles est invoquée par plusieurs pour justifier leur engouement. Près de quatre répondants sur dix s’attendent à voir ces placements générer davantage de rendement, alors qu’un tiers les perçoivent comme plus sûrs. Tout de même, un quart entendent en acheter pour « redonner à la société ». 

Par ailleurs, ces investisseurs exigent des services taillés sur mesure pour eux. Les firmes s’appuient sur l’intelligence artificielle et d’autres outils technologiques pour personnaliser le profil de risque, la répartition des actifs, les conseils et la communication des résultats.

L’AMÉRIQUE DU NORD EN TÊTE

Le rapport montre que le nombre et la richesse des investisseurs fortunés ont augmenté de près de 9 % en 2019 dans le monde. L’Amérique du Nord vient en tête avec une croissance de 11 %, contre 9 % en Europe et 8 % en Asie-Pacifique. C’est la première fois depuis 2012 que la croissance en Amérique du Nord et en Europe dépasse celle de l’Asie Pacifique. Au total, on retrouve 39 % des investisseurs nantis en Amérique du Nord et 27 % de la richesse. 

Sur l’ensemble de la planète, tous ces individus détenaient des actifs financiers d’une valeur de 74 T$ US (100,5 T$ CA) à la fin de 2019, en hausse de 60 % comparativement à décembre 2012. Depuis ce temps, le club des millionnaires s’est enrichi de 8 millions de nouveaux membres, pour atteindre 20 millions. Parmi eux, 183 400 disposaient d’une valeur nette de plus de 30 M$ US (40,8 M$ CA). 

L’EFFET COVID

Ces données pourraient toutefois se voir bouleversées en 2020, alors que le Fonds monétaire international prévoit une décroissance économique de près de 5 %. « Face aux extraordinaires incertitudes actuelles, les gestionnaires de patrimoine et les cabinets se retrouvent eux-mêmes en terrain inconnu », admet Anirban Bose, PDG des services financiers de Capgemini.

« Cette période imprévisible donnera peut-être aux firmes l’occasion de se réévaluer et de réinventer leur modèle d’affaires et d’activités pour devenir plus agiles et plus résilientes. »

Le World Wealth Report porte sur les 71 pays où l’on retrouve 98 % des revenus nationaux bruts et 99 % de la capitalisation boursière. Quant au sondage, il a été réalisé auprès de 2 500 investisseurs détenant plus de 1 million de dollars d’actifs investis ou à investir, dans 21 marchés en Amérique du Nord, Amérique latine, Europe et Asie-Pacifique.