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Gouvernements, consommateurs et entreprises sont tous positionnés pour propulser les marchés à mesure que la pandémie s’estompe, croit Colum McKinley, gestionnaire de portefeuille principal, Gestion d’actifs CIBC.

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« Les marchés d’actions ont été secoués l’an dernier, à l’image de nos vies quotidiennes. Beaucoup d’entre nous doivent être surpris de nous trouver encore au milieu de la pandémie aujourd’hui. Mais certaines tendances portent à l’optimisme, et les marchés d’actions ont commencé à les refléter ces derniers mois », analyse Colum McKinley.

La première de ces tendances est le maintien des importantes mesures de relance mises en place par les gouvernements, incluant la possibilité pour les individus et les entreprises d’emprunter à des taux très bas, ce qui encourage les dépenses, et bien sûr les aides financières directes.

La seconde tendance, selon l’expert, est la croissance des sommes épargnées par les consommateurs durant la pandémie.

« Les taux d’épargne ont explosé partout dans le monde, mais si on prend l’exemple du Canada, pendant une très longue période de 2000 à 2019, le taux moyen par foyer est demeuré inférieur à 4 %. En 2020 il a atteint les deux chiffres, jusqu’à environ 15 %. Il va sans dire que les consommateurs vont propulser la reprise, d’autant plus qu’ils ont des envies refoulées. Nous avons tous hâte de recommencer à voyager, à aller au restaurant et à sortir en société pour dépenser de l’argent », observe Colum McKinley.

Selon lui, cette poussée de la consommation devrait commencer dès la seconde moitié de 2021 et se prolonger en 2022.

Troisième tendance : les entreprises qui ont profité de la pandémie pour transformer leurs modèles opérationnels, de gré ou de force.

« Les dirigeants d’une grande entreprise m’ont dit l’autre jour que s’ils avaient considéré la possibilité de passer au télétravail avant la pandémie, cela leur aurait coûté des millions de dollars en études, et aurait débouché sur la conclusion qu’ils n’étaient pas prêts de toute façon. Tandis qu’avec la pandémie, tout le monde a dû se montrer innovant et créatif pour changer les vieilles façons de faire », rapporte Colum McKinley.

Au final, ces changements vont se traduire par des gains d’efficacité pour les entreprises, qui contribueront à leur tour à propulser les marchés d’actions.

« Beaucoup d’entreprises pourraient nous dire aujourd’hui que la proportion de leurs ventes en ligne est à des niveaux qu’ils n’auraient pas cru possible avant au moins cinq ans. La pandémie a donc accéléré une évolution qui avait déjà commencé », poursuit l’expert.

Un autre vent qui souffle sur les sociétés est celui des fusions et acquisitions, selon lui.

« Elles peuvent aujourd’hui accéder au capital à des coûts jamais vus. Elles pourront donc être tentées de se dire, pourquoi pas faire une acquisition grâce à ces faibles taux sur emprunt et gagner ainsi des parts de marché ? », dit Colum McKinley.

Pour les investisseurs, les meilleures occasions se trouvent selon lui parmi les sociétés qui ont démontré leur capacité à naviguer à travers l’incertitude de la dernière année, tout en transformant leur positionnement et leurs opérations de façon à pleinement profiter de la reprise économique. Leurs titres reflèteront alors ce potentiel.

L’expert donne l’exemple des fonds de placement immobilier (FPI) comme RioCan, qui vendent et remodèlent leurs propriétés de façon à réduire leur exposition au commerce de détail et à diversifier leur usage avec des appartements et condos notamment.

« Ils ont des propriétés très bien situées et sont les plus avancés parmi les FPI dans leur transformation d’affaires. Ils ont dû prendre des décisions difficiles comme de couper leur dividende, mais cela leur a donné les capacités financières de réaliser leur stratégie. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.