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L’incertitude politique aux États-Unis va peser de plus en plus lourd d’ici l’élection du 3 novembre 2020, indique Ignacio Sosa, directeur, gestion des relations internationales pour DoubleLine Capital à Los Angeles.

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« Avec les premiers débats entre les candidats démocrates et le processus de destitution du président Trump, on peut dire que la saison électorale est bien entamée, et cela influence les marchés de plusieurs façons », dit l’expert.

D’abord, l’incertitude liée aux barrières douanières avec la Chine a clairement affecté les perspectives de croissance économique mondiale, selon lui. Alors que plusieurs économistes estiment à 35 % les chances d’une récession dans les douze prochains mois, M. Sosa y voit plutôt un « 50-50 ». Cela devrait dissuader M. Trump de décréter encore de nouvelles barrières douanières d’ici l’élection, croit-il.

L’autre grande question concerne les taux d’intérêt, que la Fed a récemment baissé.

« Tout dépend des perspectives de ralentissement économique, dû notamment aux barrières douanières. Encore une fois, nous ne nous attendons pas à en voir de nouvelles apparaître en 2020 », dit Ignacio Sosa.

« La croissance américaine est mitigée car certains secteurs se portent extrêmement bien, comme l’immobilier, et plusieurs indicateurs sont au vert, comme la confiance des consommateurs et des constructeurs, ou les ventes de maison et de biens durables. Mais les secteurs liés à la manufacture ne sont pas en forme. Si les inquiétudes concernant les barrières douanières s’apaisent, on peut s’attendre à un retour à la normale, ce qui mettra moins de pression sur les taux d’intérêt. Ceci étant dit, la Fed poursuit son programme d’achat de bons du Trésor, ce qui peut contribuer à la baisse des taux », explique Ignacio Sosa.

Son verdict : les taux actuels sont au niveau où ils devraient être. Pour le moment.

« Vu le déficit énorme du gouvernement et le type de dépenses que les candidats démocrates comptent lui faire faire, les émissions de bons du Trésor pourraient beaucoup s’accentuer. Elles totalisaient 1,4 billion pour l’année fiscale qui s’est terminée en septembre 2018. Si les promesses les plus, disons, radicales de certains candidats venaient à se réaliser, comme l’assurance santé universelle, l’éducation publique gratuite, et l’effacement des dettes étudiantes, on peut s’attendre à des déficits additionnels de plusieurs billions par année, même si l’adoption de ces mesures demeure très improbable », prévient Ignacio Sosa.

Dans l’ensemble, note-t-il, les États-Unis ont  « une économie forte relativement au reste du monde. « relativement » étant le mot clé ».

« Les taux sont encore positifs, et au niveau où ils devraient être. Il est très difficile de prévoir s’ils vont monter ou baisser, mais ils pourraient tout aussi bien en rester là. Tout dépend de qui va gagner l’élection. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.