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Les banques canadiennes misent gros sur les mégadonnées (big data) pour donner un second souffle à leurs services de recherche et raffiner leurs décisions d’investissement.

Les outils d’analyse avancés comme les images satellites, les tendances de consommation sur le web et les indicateurs de confiance des investisseurs tirés des réseaux sociaux font tranquillement leur apparition dans les rapports de recherche des divisions de courtage des banques, rapporte le Globe and Mail.

Les gestionnaires quantitatifs ont réalisé depuis longtemps que les innombrables données générées par l’économie numérique donnent un aperçu extraordinaire des facteurs qui affectent la performance des entreprises et de secteurs d’activité entiers. En complément des analyses fondamentales traditionnelles, l’analyse de données, déjà populaire dans le monde des fonds de couverture, pourrait amener un souffle nouveau à l’industrie du courtage.

Il faut dire que l’industrie de la recherche en placement a bien besoin de se renouveler. Depuis la crise de 2008, la demande pour les recherches sur les actions a fortement diminué en raison notamment de problèmes de réputation, de restrictions réglementaires et de la montée en popularité des stratégies de gestion passive.

Une récente étude de Greenwich Associates a révélé qu’environ la moitié des gestionnaires de placement utilisent déjà des données dites alternatives dans leur processus de décision, et un autre quart disent qu’ils vont s’y mettre eux aussi au cours de la prochaine année.

ALLER AU-DELÀ DES RÉSULTATS TRIMESTRIELS

Les « données alternatives » désignent tout ce qui sort du cadre des données financières traditionnelles contenues dans les résultats financiers trimestriels des entreprises. Grâce à des images satellites de réservoirs de pétrole, il est par exemple possible de déterminer si les stocks de pétrole brut augmentent ou diminuent. Des stocks de pétrole qui s’accumulent peuvent être un indicateur que les prix vont bientôt baisser.

Des algorithmes qui analysent les données tirées des réseaux sociaux sont aussi en mesure de cerner le sentiment des clients d’une entreprise. Lorsque l’état d’esprit général des consommateurs est négatif, les revenus de l’entreprise risquent d’en souffrir. Les analystes utilisent aussi des outils d’extraction de contenu de pages web (web scraping) pour obtenir des informations en très grande quantité.

L’extraction et l’utilisation de toutes ces données non traditionnelles soulèvent néanmoins des enjeux légaux. À qui appartiennent-elles, et qui a le droit de les vendre? Les réponses à ces questions ne sont pas toujours claires. Certaines données internes d’entreprises pourraient aussi constituer des informations non publiques.