La lenteur des discussions visant à renouveler la convention collective d’environ 1 400 employés de la Banque Laurentienne vient s’ajouter à la liste des écueils rencontrés par l’institution financière, qui est au cœur d’un plan de transformation.

Son président et chef de la direction, François Desjardins, commence à taper du pied et a affirmé vendredi que cette situation freinait le déploiement d’initiatives dans le secteur des activités de détail.

« Même si nous avons été en mesure de simplifier notre offre de produits et de réduire nos coûts, en plus d’accroître notre efficacité […], d’autres changements ne sont pas survenus comme il était prévu », a-t-il expliqué au cours d’une conférence téléphonique pour discuter des résultats du deuxième trimestre, qui ont répondu aux attentes des analystes.

Le contrat de travail des syndiqués représentés par la section locale 434 du Syndicat des employés professionnels et de bureau (SEPB, affilié à la FTQ) est échu depuis le 31 décembre.

Depuis 2016, la Laurentienne a réduit la taille de son réseau de succursales. L’institution, qui en comptait environ 150 en 2016, a diminué ce nombre à 103 en date du 30 avril, indique-t-elle dans ses documents financiers.

« Nous avons procédé à des fusions de succursales, sans en ouvrir de nouvelles, précise le vice-président exécutif des services aux entreprises et aux particuliers, Stéphane Therrien. C’est un exemple d’investissement qui prend plus de temps à réaliser. »

RÉDUCTION DES SERVICES AU COMPTOIR

Dans ses succursales, la Laurentienne souhaite notamment réduire les tâches administratives et éliminer certains services au comptoir afin de mettre l’accent sur le service-conseil aux particuliers et entreprises.

« Nous n’allons pas aussi rapidement de ce côté », explique M. Therrien.

Sans entrer dans les détails, puisque les négociations se déroulent à huis clos, la directrice exécutive du SEPB, Kateri Lefebvre, reconnaît que les négociations « traînent en longueur », mais que l’employeur fait preuve d’une certaine ouverture la semaine dernière.

Les deux parties discutent en présence d’un conciliateur. Au moins trois rencontres sont prévues au cours du mois. La période de conciliation, qui devait prendre fin en juillet, a été prolongée jusqu’en septembre.

Dans son rapport trimestriel, la Laurentienne prévient que la renégociation en cours pourrait avoir une « incidence importante » sur ses activités, ses résultats ainsi que sa situation financière.

MARCHÉ HYPOTHÉCAIRE

Ce dossier s’ajoute à celui des irrégularités entourant des prêts hypothécaires problématiques vendus à des tiers, qui forcera la Laurentienne à procéder à des rachats totalisant plus d’un demi-milliard de dollars.

Si une partie du problème a été réglée, l’institution financière doit procéder, d’ici le 31 octobre, à un examen exhaustif des dossiers problématiques d’un portefeuille de prêts dont la valeur est estimée à près de 5,16 G$.

Entretemps, M. Desjardins ne cache pas qu’il y aura des défis à surmonter pour générer de la croissance de ce côté, dans un contexte de ralentissement de l’activité immobilière et de resserrement des règles sur les prêts hypothécaires non assurés depuis le 1er janvier.

« La concurrence est devenue très féroce et le marché du prêt non traditionnel est en expansion », commente le patron de la septième banque en importance au pays.

Dans l’ensemble, la croissance du portefeuille de prêts de la Laurentienne a ralenti à 6 %, souligne l’analyste Darko Mihelic, de RBC Marchés des capitaux, comparativement à 9 % au deuxième trimestre l’an dernier.

EN CROISSANCE

Quant à sa performance financière, la banque a engrangé un bénéfice net de 55,9 M$, ou 1,34 $ par action, au deuxième trimestre, par rapport à 40,3 M$, ou 1,19 $ par action, il y a un an.

Ses revenus totaux ont progressé de 9 % pour s’établir à près de 60 M$.

Abstraction faite des éléments non récurrents, la Laurentienne a affiché un profit ajusté de 64,6 M$, ou 1,47 $ par action, ce qui constitue une hausse de 25 % comparativement au deuxième trimestre l’an dernier.

Ce résultat a dépassé les attentes des analystes sondés par Thomson Reuters, qui tablaient en moyenne sur un bénéfice ajusté par action de 1,38 $.

Toutefois, M. Mihelic calcule que le bénéfice ajusté par action tenait compte d’un gain de 4,6 M$, ou 11 cents par action, découlant de la vente du portefeuille de prêts commerciaux agricoles. Autrement, le bénéfice ajusté par action aurait été de 1,36 $, estime l’analyste.

« La banque continue d’enregistrer des charges de restructuration chaque trimestre », écrit M. Mihelic dans sa note, se demandant combien de temps cela allait continuer.

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