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Les obligations n’ont pas été aussi attractives depuis longtemps, croit Adam Ditkofsky, gestionnaire de portefeuille principal, Gestion d’actifs CIBC.

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« Les deux grandes questions de l’été ont été de savoir à quel point les banques centrales devaient se montrer agressives pour contrôler l’inflation, et si leur agressivité risquait de faire basculer l’économie dans une récession. Ces interrogations ont entraîné beaucoup de volatilité sur le marché obligataire alors que les investisseurs voyaient à la fois l’inflation et l’économie ralentir », observe Adam Ditkofsky.

Selon l’expert, il est « possible » que les États-Unis soient déjà en récession puisqu’elles ont connu deux trimestres de croissance négative et que leur courbe de rendement s’est inversée entre les obligations à deux ans et à 30 ans ; les titres à court terme offrent désormais de meilleurs rendements qu’à long terme.

« Les rendements obligataires ont augmenté depuis le début de l’année. Les bons du trésor américain sur 10 ans dépassent maintenant 3 % contre 1 % en septembre dernier. Cela veut dire qu’ils sont bien meilleur marché. Si on les compare au dividende de l’indice S&P 500, qui se trouve autour de 1,5 %, on peut dire que les obligations sont bien plus attractives aujourd’hui qu’elles ne l’ont été depuis longtemps. Avec le risque de récession, qui causerait une chute des rendements, nous croyons que le modèle de portefeuille à 60/40 entre actions et obligations est tout à fait pertinent. Les investisseurs ne devraient pas se passer des obligations – surtout pas maintenant », insiste Adam Ditkofsky.

Il note que l’indice obligataire FTSE affichait un rendement de 3,9 % en juillet. Dans un contexte où la récession menace et les rendements commencent à baisser, c’est le moment de saisir l’occasion.

Les obligations de sociétés sont celles qui souffriront le plus en cas de récession, selon lui. Dans ce cas, leurs écarts de rendement avec les titres des gouvernements s’élargiraient.

« Ceci étant dit, les obligations de sociétés de catégorie investissement ont déjà vu leur écart de rendement s’élargir cette année, surtout celles à court terme du secteur bancaire, qui sont parmi les plus liquides et de la plus haute qualité au Canada. Certaines offrent entre 4,5 % et 5 %, soit les plus hauts rendements qu’elles ont connus depuis la crise financière de 2008-2009. On peut aussi considérer que les banques centrales vont bientôt cesser d’augmenter leurs taux face à l’affaiblissement de l’économie, ce qui serait favorable aux écarts de rendement », note Adam Ditkofsky.

Bien que la volatilité devrait persister sur le marché obligataire, l’expert s’attend à une légère croissance économique, sous 1 % tant au Canada qu’aux États-Unis dans les 12 prochains mois.

« Dans ce contexte, nous trouvons les obligations gouvernementales attractives, avec des rendements intéressants. Nous voyons aussi de bonnes occasions dans les titres de sociétés de haute qualité avec un terme de deux à trois ans, qui offrent 4,5 % à 5,5 % de rendement. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.