Conseiller analysant le marché boursier.
Photo : Phongphan Supphakankamjon / 123RF

Les rendements des obligations gouvernementales ont souffert en début d’année, mais ont repris le bon chemin depuis, croit Adam Ditkofsky, gestionnaire de portefeuille et vice-président à Gestion d’actifs CIBC.

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« Si l’on se fie à l’indice obligataire fédéral FTSE Canada, les titres gouvernementaux affichent des rendements négatifs de -2,2 % depuis le début de l’année. Cela est bien sûr attribuable à l’inflation hors du commun que nous avons connue cette année, qui a entraîné une hausse des taux d’intérêt à mesure que les économies rouvraient grâce à des campagnes de vaccination agressives. Cependant, la majeure partie de cette piètre performance a eu lieu tôt au premier trimestre, quand les vaccins venaient tout juste de faire leur apparition et que les craintes inflationnistes étaient à leur sommet. Dans les trois derniers mois, ce même indice affichait un rendement positif de 1,3 %. Les obligations provinciales ont suivi une trajectoire similaire », indique Adam Ditkofsky.

Selon l’expert, la meilleure façon d’analyser les titres provinciaux est de considérer leur écart de rendement avec les titres fédéraux. Or, l’écart s’est resserré de 83 points de base au début de l’année jusqu’à 66 points au mois de juin, puis s’est légèrement agrandi à 74 points à la fin août. On voit donc là le même phénomène : un haut niveau d’optimisme en début d’année, qui est retombé alors que les perspectives de croissance redescendaient de leurs sommets et que le variant Delta causait l’inquiétude.

« Tout cela nous entraîne à sous-pondérer les obligations gouvernementales tant fédérales que provinciales et à conserver plutôt des titres de sociétés, qui devraient surperformer dans les douze prochains mois. Mais les titres gouvernementaux nous donnent quand même une forte liquidité et du soutien dans les périodes où le marché devient plus sensible au risque », rappelle Adam Ditkofsky.

Il cite une exception : les obligations des agences fédérales.

« Dans notre cas, il s’agit surtout d’obligations émises par la Société canadienne d’hypothèque et de logement, qui sont explicitement garanties par le gouvernement fédéral. Ces titres offrent aux investisseurs un écart additionnel par rapport aux obligations fédérales avec juste un peu moins de liquidité, ce qui améliore le rendement global de notre portefeuille obligataire », poursuit-il.

Pour l’hiver à venir, Adam Ditkofsky prévoit une croissance modérée et une retombée de l’inflation.

« La croissance réelle du PIB devrait revenir à son niveau prépandémique, sous les 2 %, et les pressions inflationnistes devraient s’adoucir à mesure que les chaînes d’approvisionnement se réordonnent. Nous ne voyons pas la Réserve fédérale américaine ni la Banque du Canada augmenter leurs taux avant au moins le second semestre 2022, ce qui devrait profiter aux rendements obligataires à court terme pour la majeure partie de l’année. Les rendements à long terme pourraient croître légèrement. Quant aux provinces, elles ont accumulé beaucoup de dettes pendant la pandémie, mais plusieurs ont révisé leurs budgets d’une façon qui va soutenir le rendement de leurs obligations à court terme. Enfin, il demeure que ce sont les obligations de sociétés qui vont performer le mieux. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.