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Et au social, au durable, aux femmes en affaires… Il y a bien des causes que les investisseurs canadiens peuvent contribuer à financer, dit Amanda McPherson, responsable de la recherche sur le crédit et le revenu fixe à Gestion d’actifs CIBC.

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« Les critères ESG, soit environnemental, social et de gouvernance, ne s’appliquent pas seulement aux actions. Les investisseurs obligataires peuvent aussi les appliquer à leur portefeuille canadien », dit Amanda McPherson.

Si les obligations ESG proviennent parfois de sociétés, beaucoup ont été émises par les provinces, les municipalités, ou les « organisations suprationales », dit-elle. Leurs performances ont été très bonnes jusqu’ici, et leurs prix sont similaires à ceux des autres obligations.

« Si on prend l’exemple des obligations vertes de l’Ontario, elles sont au même prix que les non vertes. De plus, il s’avère que les obligations vertes sont moins volatiles, car ceux qui les achètent tendent à être des investisseurs à long terme. Alors, toutes choses étant égales par ailleurs, il n’y a aucune raison de ne pas acheter les obligations vertes ontariennes », dit Amanda McPherson.

L’experte explique que les obligations dites vertes doivent financer des projets verts actuels ou futurs, avec des retombées positives pour l’environnement. Celles de Brookfield Renewable Partners en Ontario, par exemple, servent à financer des projets d’hydroélectricité. L’efficacité énergétique est aussi admissible : les obligations vertes de la province de l’Ontario servent entre autres à financer des projets d’amélioration dans les bâtiments du secteur public. L’Ontario est d’ailleurs le plus important émetteur d’obligations vertes au Canada : elle en compte cinq, qui totalisent plus de 4 milliards de dollars, dont celles de la Ville de Toronto, qui aident à financer le transport collectif vert.

Côté notations, les obligations vertes sont tenues en haute estime par l’agence torontoise DBRS, comme celles de la province de l’Ontario (AA – bas) et de la Ville de Toronto (AA). Mais tandis que leurs émissions grimpaient de 59 % au niveau mondial en 2019, elles ont ralenti de 20 % au Canada avec environ 5 millions de dollars en nouvelles émissions.

« Les émissions de titres verts n’ont pas été si nombreuses pour trois raisons. D’abord, elles ont un coût et présentent quelques obstacles à surmonter. Au Canada, elles doivent suivre les principes établis par l’International Capital Markets Association en termes de produit, de procédé d’évaluation et de cautionnement. Ensuite, il n’y a pas tant de nouveaux projets qui peuvent être désignés verts selon les lignes directrices actuelles. Et la plus importante raison, c’est l’apparition de nouveaux produits ESG à revenu fixe », dit Amanda McPherson.

« Il y a maintenant des obligations sociales, pour financer des projets à portée sociale. Il n’y en a qu’une au Canada, lancée l’an dernier par CIBC, qui vise à financer des entreprises ayant fait preuve d’efforts en faveur de la diversité des sexes dans les équipes de direction. Il y a aussi les obligations climatiquement responsables, similaires aux vertes mais avec des critères plus spécifiques. Il n’en existe qu’une jusqu’ici au pays. Il y a les obligations de durabilité, comme Sun Life a émises, qui suivent à la fois les principes des vertes et des sociales », énumère l’experte.

« Mais la plus importante occasion de croissance se trouve dans les obligations de développement durable. Le Canada s’est engagé à contribuer à l’atteinte de 17 objectifs mondiaux de développement durable d’ici 2030, et 8 obligations de développement durable ont été émises au pays cette année, dépassant les titres verts. Ces titres offrent aux émetteurs davantage de souplesse dans l’application du produit de la vente. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.