Papillon coloré trouve son chemin hors d'un tunnel sombre.
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Les prix des obligations du Canada à long terme présument d’ores et déjà une redescente des taux d’intérêt d’ici deux ans, croit Patrick O’Toole, vice-président, titres à revenu fixe, Gestion d’actifs CIBC.

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« L’année passée a été très difficile pour le marché obligataire, avec des hausses de taux qui se sont traduits par les pires rendements qu’on n’ait jamais vus. Cela s’explique par la rapidité de la reprise après la pandémie, mais aussi par l’inflation que l’on croyait transitoire, mais qui ne l’est pas. En conséquence, la Banque du Canada tout comme la Réserve fédérale (Fed) aux États-Unis font grimper leurs taux rapidement, par demi-pourcentages au lieu des quarts de pourcentage habituels. L’idée est d’aller plus vite que l’inflation pour reprendre le contrôle », résume Patrick O’Toole.

Ce faisant, les banques centrales s’exposent à deux risques, précise l’expert :

  • soit elles font monter les taux trop lentement et ne font que se condamner à les faire grimper plus vite plus tard, avec une inflation qui dure plus longtemps que souhaité;
  • soit elles agissent trop hâtivement et étranglent l’économie, avec pour effet une récession en 2023.

« Difficile de dire dans quel sens la situation va évoluer, mais dans tous les cas, nous croyons que la Banque du Canada va moins augmenter ses taux que la Fed, en raison du fort endettement des ménages et de la plus grande sensibilité aux taux d’intérêt de ce côté-ci de la frontière, particulièrement à cause de l’immobilier », note Patrick O’Toole.

Pendant que les banques centrales poursuivent leurs hausses de taux durant l’été, le marché a d’ores et déjà pris en compte ces perspectives, comme l’illustre la différence entre les rendements à court terme et à long terme des obligations du Canada.

« Le titre à deux ans a déjà passé la barre des 3 % tandis que celui à trente ans est sous les 2 %. Cela reflète la perspective de voir la Banque du Canada poursuivre ses hausses de taux dans la prochaine année. Mais un regard sur le marché des contrats à terme nous informe que des baisses de taux d’ici deux ans sont déjà envisagées », assure Patrick O’Toole.

« Tout cela pointe vers la fin des hausses de taux d’ici un an, mais aussi vers un risque accru de récession. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.