Banques en contre-plongée
Photo : Elijah-Lovkoff / istockphoto

Les bénéfices du deuxième trimestre de deux des plus grandes banques du Canada ont été réduits de moitié, la crise liée à la COVID-19 les ayant contraintes à mettre de côté des quantités substantielles de liquidités pour d’éventuelles pertes sur créances, rapporte le Financial Post.

RBC a déclaré un bénéfice net de 1,48 milliard de dollars pour le trimestre terminé le 30 avril, en baisse de près de 1,75 milliard de dollars, ou 54 %, par rapport à l’année précédente. De son côté, BMO a indiqué que son bénéfice net avait diminué d’environ 54 % d’une année à l’autre pour les mêmes trois mois, pour s’établir à 689 millions de dollars.

Le facteur responsable de ces baisses est la forte augmentation des liquidités réservées en cas de détérioration des prêts.

Le total des provisions pour pertes sur créances de RBC s’est élevé à 2,83 milliards de dollars pour le deuxième trimestre, une augmentation de 2,4 milliards de dollars par rapport à l’an dernier. Ce montant s’élevait à environ 1,1 milliard de dollars du côté de BMO, comparativement à 176 millions de dollars un an plus tôt, alors que la banque avait réalisé un important redressement sur un prêt commercial américain.

« Bien que la COVID-19 ait eu des conséquences importantes sur les bénéfices de la banque au cours du trimestre, notamment une augmentation des provisions pour pertes sur créances, une baisse des revenus dans nos activités sensibles au marché et des bilans dépôts/prêts plus élevés, la performance opérationnelle de la banque reste solide et nous sommes déterminés à soutenir nos clients et les collectivités pendant la pandémie et à l’avenir », a déclaré BMO dans son rapport aux actionnaires.

DU POSITIF

Si les deux banques ont essuyé un coup dur au deuxième trimestre, elles sont toutes deux restées globalement rentables et certaines divisions ont mieux résisté que d’autres.

Les services bancaires aux particuliers et aux entreprises de RBC ont déclaré un bénéfice net de 532 millions de dollars, en baisse de 66 % par rapport à l’an dernier en raison de l’augmentation des provisions pour pertes sur créances, effectuée notamment en réponse à la baisse des taux d’intérêt. Pourtant, les activités d’assurance de RBC ont enregistré un bénéfice net de 180 millions de dollars, en hausse de 17 %, principalement en raison de ce que la banque a qualifié de « meilleure expérience liée aux investissements » et de nouveaux contrats de réassurance.

Du côté de BMO, la branche Marchés des capitaux a enregistré une perte nette de 74 millions de dollars, car ses provisions pour pertes sur prêts ont augmenté et les revenus tirés des activités de négociation et d’investissement et des services bancaires aux entreprises ont diminué. Toutefois, les activités bancaires personnelles et commerciales de BMO aux États-Unis ont vu leur bénéfice avant provisions et impôts augmenter de 12 %, pour atteindre 454 millions de dollars américains.