Les analystes prévoient une baisse moyenne de 36 % des revenus par action des six grandes banques canadiennes au deuxième trimestre, comparativement à la même période l’an dernier, rapporte le Financial Post.

Les attentes quant au revenu des institutions financières ont subi un changement qualifié de « monumental » par Kash Pashootan, PDG de First Avenue Investment Counsel. Les ratios de réserve pour pertes sur créances sont quatre à cinq fois plus élevés qu’avant la pandémie. Des défauts de paiement pourraient d’ailleurs continuer de se faire sentir sur plusieurs trimestres à venir. Les analystes estiment toutefois que les banques ont les liquidités requises pour faire face à ces risques. 

Ils croient que les dividendes sont assurés pour l’instant, mais que si les revenus continuent de baisser, cela pourrait peser sur les versements futurs. La Banque Scotia et la Banque Nationale doivent présenter leurs résultats financiers le 26 mai, suivies par TD deux jours plus tard. 

« Les institutions financières seront probablement très prudentes avec leurs réserves, avance Michael Sprung, président de Sprung Investment Management. Mais l’étendue des dommages à l’économie ne sera pas connue avant un certain temps. Ce qui peut sembler prudent maintenant pourrait ne plus l’être dans six mois. »

AIDE EMPOISONNÉE

L’agence de notation Fitch constate le même niveau d’incertitude du côté des banques américaines, pouvait-on lire récemment sur le site web d’Advisor. Elle s’attend à les voir souffrir, mais constate qu’il faudra du temps pour évaluer les répercussions réelles, notamment parce que l’aide massive des gouvernements offre présentement un soutien artificiel à l’économie et aux institutions financières.

Dans un récent rapport, Fitch prévient que l’appui financier et les allègements réglementaires dont bénéficient actuellement les banques américaines compliquent les prévisions. Par exemple, les exigences de déclaration des institutions financières ont été diminuées, ce qui signifie que les prêts en danger et les restructurations de dettes difficiles pourraient être sous-évaluées à court terme. Un délai dans l’analyse des effets réels de la pandémie sur les banques leur posera un risque supplémentaire. 

De la même façon, si elles gèrent mal ou implantent incorrectement les mesures gouvernementales, leur réputation en souffrira. « Les programmes d’aide en cas de désastre et les délais de paiement ne sont pas un nouveau phénomène, mais l’étendue et l’échelle/volume des modifications de prêts reliées au coronavirus créent des défis opérationnels pour les banques et pourraient résulter en des effets négatifs sur les clients, ce qui entacherait la réputation des institutions financières », conclut Michael Shepherd, directeur pour Fitch.