Les expatriés ont représenté près d’un investisseur fortuné sur cinq au pays l’an dernier, selon un récent rapport publié par GlobalData.

Intitulé Wealth in Canada: HNW Investors 2017 (en anglais seulement), celui-ci révèle que les étrangers « à valeur nette élevée » (High Net Worth) investissent toujours dans l’économie canadienne, et ce, malgré l’arrêt du programme d’immigrants investisseurs par le gouvernement fédéral en 2014.

« Malgré impossibilité d’avoir un visa spécial pour les investisseurs à valeur nette élevée au fédéral, l’option d’obtenir des visas d’affaires qui est toujours offerte a permis à un grand nombre de riches étrangers de continuer à affluer vers le Canada. Aucun gestionnaire de fortune d’importance au pays ne peut aujourd’hui se permettre de négliger ce segment, car il représente une opportunité considérable », commente Andrew Haslip, chef de contenu de GlobalData pour l’Asie-Pacifique, dans un communiqué émis hier.

LES CHINOIS ARRIVENT EN TÊTE

Selon la firme, le Canada conserve tout son attrait pour les investisseurs les mieux nantis en raison de sa stabilité politique, de sa bonne qualité de vie, de sa proximité avec les États-Unis et de la vitalité de son économie. Parmi ces grandes fortunes, les Chinois continuent d’être les plus nombreux, même si leur nombre a tendance à diminuer par rapport aux expatriés d’autres nationalités.

Le cabinet de consultants en immigration Yelo Consulting observe pour sa part que, même s’il concerne moins de monde, le programme d’immigrants investisseurs du Québec continue de susciter un certain engouement, puisque qu’il accueille chaque année près de 1 700 demandeurs, qui proviennent à 80 % de la région Asie-Pacifique

« Le nombre de riches expatriés au Canada ne pourra rester élevé que si le gouvernement fédéral réintroduit un programme de visa spécialement destiné aux investisseurs immigrés, même si celui-ci est plus restrictif que le précédent », estime Andrew Haslip.

DES MILLIARDS DE DOLLARS D’ACTIF AU QUÉBEC

De son côté, Le Journal de Québec rapporte, dans son édition d’hier, qu’au 31 mars dernier, le portefeuille sous gestion du programme québécois d’immigrants investisseurs s’élevait à quelque 5,2 milliards de dollars.

Au Québec, les sommes avancées par les immigrants investisseurs depuis 15 ans ont généré des contributions financières de près de 700 millions de dollars auprès de 4 600 entreprises, indique le Journal. S’ils veulent que le traitement de leurs formalités administratives soit accéléré, les étrangers fortunés souhaitant investir dans la province doivent confier sans intérêts une somme de 800 000 dollars au gouvernement du Québec pendant cinq ans.

Durant cette période, les revenus des placements générés avec les intérêts sont versés à Investissement Québec, qui gère un programme d’aide financière aux PME québécoises, précise le quotidien. Ce dernier ajoute que les personnes concernées ont droit à un passeport canadien tout en conservant leur nationalité d’origine.

RÉFORMER LE PROGRAMME QUÉBÉCOIS?

Les Chinois représentent, comme au fédéral, une large majorité des participants au programme d’immigrants investisseurs du Québec, avec 70 % des demandes (soit 1 300 sur les 1 900 places offertes cette année), souligne le quotidien. Toutefois, la plupart d’entre eux quittent la province une fois leur engagement de cinq ans terminé pour partir s’installer en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique.

Interrogé par le JdQ, le Conseil du patronat du Québec estime que le programme d’immigrants investisseurs devrait être réformé et que la province « pourrait en tirer davantage de bénéfices ». Pour mieux retenir cette population, le CPQ « croit que le Québec pourrait obliger les nouveaux arrivants à acheter une résidence dans la province ou encore exiger d’eux qu’ils résident plusieurs mois ici chaque année », écrit le Journal.

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