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Les entreprises cotées qui appartiennent à des milliardaires ont obtenu des résultats près de deux fois plus élevés que la moyenne au cours des 15 dernières années, rapporte ZoneBourse.

Citant un rapport publié vendredi par UBS et PwC, le site d’information financière relève que ce document a recensé 2 101 ultra-riches dans 43 pays situés en Amérique du Nord et du Sud, en Europe, au Moyen-Orient, dans la région Asie-Pacifique et en Afrique.

La banque suisse et le cabinet d’audit et de conseil ont ainsi calculé que les sociétés contrôlées par des milliardaires avaient progressé en moyenne de 17,8 % par an entre 2003 et 2018, comparativement à 9,1 % pour les valeurs de l’indice MSCI ACWI (soit 2 853 sociétés établies dans une cinquantaine de pays). En outre, ces sociétés enregistrent de meilleurs ratios de rentabilité que leurs concurrentes, avec un niveau de rentabilité des capitaux propres (return on equity, ou ROE) de 16,6 %, contre 11,3 % pour ce même indice.

L’EFFET MILLIARDAIRE PLUS FORT AUX ÉTATS-UNIS

« Si l’effet milliardaire a été le plus fort aux États-Unis, il a été suivi de près par l’APAC [Asie-Pacifique], où l’économie chinoise en particulier ne cesse de se réinventer, laissant certaines entreprises se développer de manière exponentielle tandis que d’autres vacillent », indiquent les auteurs du rapport. Ceux-ci ajoutent que si l’Europe a pris « un peu de retard », les entreprises contrôlées par des milliardaires y ont aussi « nettement surperformé ».

« Les milliardaires continuent de créer et de diriger des entreprises qui surclassent les marchés boursiers », affirme Josef Stadler, responsable de la branche réservée à la clientèle ultra-fortunée de la banque helvétique (ultra high net worth). Selon lui, ce succès serait dû à « un appétit pour la prise de risque calculée » ainsi qu’à « une plus grande propension à projeter et à investir sur le long terme ». À l’appui de cette analyse, le rapport d’UBS et de PwC montre que le niveau de surperformance se maintient dans le temps.

Au cours des dernières années, ce phénomène a été alimenté par les grandes entreprises technologiques aux États-Unis et en Asie, mais également par certaines grandes sociétés issues d’autres pays, comme les géants français du luxe LVMH et Kering.

LA RÉGION ASIE-PACIFIQUE EN TÊTE

Le rapport révèle par ailleurs que le patrimoine des milliardaires a légèrement diminué en 2018, soit une perte de 388 milliards de dollars américains, pour s’établir à 8 500 milliards. Rien de bien inquiétant toutefois pour les ultra-riches, souligne ZoneBourse, puisqu’en l’espace de quatre années, leurs avoirs avaient quadruplé.

UBS et PwC relèvent également que le nombre de femmes milliardaires a progressé plus vite qu’auparavant au cours des cinq dernières années : 46 %, comparativement à 39 % pour leurs homologues masculins. Malgré tout, notent les deux entreprises, elles demeurent minoritaires (on dénombre 233 femmes sur les 2 101 milliardaires recensés).

Enfin, le rapport montre que la région Asie-Pacifique occupe la première position en ce qui concerne le nombre de milliardaires, et ce, malgré une baisse du nombre d’ultra-riches en 2018. Cependant, cette partie du globe ne possède plus qu’une courte avance sur les États-Unis, tandis que le Vieux Continent a lui aussi enregistré un recul l’année dernière.