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Le budget 2019 de l’Ontario contenait une proposition réclamée de longue date par de nombreux acteurs de l’industrie financière, rapportait récemment Darren Coleman, conseiller torontois de Raymond James, dans le Globe and Mail. 

En effet, les titres de conseiller financier et de planificateur financier devraient bientôt être réservés. Les détails quant aux critères qui détermineront le droit d’utiliser ces titres ne sont pas encore connus. 

Présentement en Ontario, il faut un permis pour conseiller la vente ou l’achat d’un fonds commun, d’une action ou d’une police d’assurance, mais n’importe qui peut offrir du conseil financier sans avoir à démonter la moindre qualification ou compétence. Résultat : beaucoup d’investisseurs se font prendre par des fraudeurs ou plus simplement perdent de l’argent après avoir suivi les avis d’un conseiller incompétent.

LA QUALITÉ AVANT LE PRIX

Depuis quelques années, l’industrie et les investisseurs discutaient surtout du niveau des frais et de leur transparence. Ces éléments sont certes importants, mais passent à côté de la question la plus importante : est-ce que les conseils sont valables et proviennent de conseillers compétents et qualifiés?

Il est critique que les investisseurs puissent distinguer les conseillers financiers entre eux, pour se protéger des fraudeurs et pour embaucher des professionnels qualifiés. Réglementer les titres de conseiller financier et de planificateur financier est une bonne manière de se défendre contre les criminels, croit Darren Coleman.

CRISE DE LA RETRAITE

C’est d’autant plus important que les Canadiens affrontent une crise de revenus de retraite. En 2024, un Canadien sur cinq sera âgé de plus de 65 ans. Moins de 23 % des contribuables canadiens ont fait une contribution à un REER en 2016, selon Statistique Canada. Il y a près d’un billion de dollars en contribution REER inutilisée au pays. Les CELI gagnent en popularité, mais restent beaucoup consacrés à de l’épargne à court terme. Pour chaque dollar contribué dans une année, il y a 47 cents de retraits. 

Les Canadiens atteignent l’âge de la retraite plus vite qu’ils ne le pensaient et avec moins d’argent que prévu. Pourtant, ils vivront plus vieux et auront besoin de plus d’argent. La littératie financière n’est pas non plus très élevée en général dans la population. Tout cela démontre l’importance du rôle joué par les conseillers financiers. Il est donc crucial que ces derniers soient compétents et qualifiés.  

CORRIGER LES ERREURS

Darren Coleman soutient qu’un partie importante de son travail consiste à repérer et corriger les dommages faits aux finances de ses clients par de mauvais conseils. Parmi les plus fréquents, il note le mauvaise usage de l’effet de levier, la surexposition à des titres très risqués, l’achat de fonds communs trop chers et exclusifs et l’utilisation excessive de l’assurance vie entière. 

Le conseiller espère que la nouvelle initiative du gouvernement ontarien aidera les clients à trouver de meilleurs professionnels, afin d’éviter ce type d’erreurs.