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Les valeurs de croissance, notamment celles du secteur technologique, ont été durement touchées cette année. L’indice composite Nasdaq est dans un marché baissier depuis des mois, ponctué par la chute de plus de 4,5 % enregistrée le 13 juin dernier. Ce jour-là, le S&P 500 est entré dans un marché baissier.

Mais le secteur technologique a-t-il atteint son point le plus bas ?

« Probablement pas », analyse Wes Ashton, gestionnaire de portefeuille et directeur de la stratégie de croissance chez Harbourfront Wealth Management à Vancouver.

Chaque fois que les banques centrales augmentent leurs taux d’intérêt, « cela nous rappelle que l’argent va continuer à coûter plus cher et que les perspectives de croissance seront difficiles pour elles, dit-il. Mais à un certain point, [les valeurs technologiques] vont être attractives ».

Le 15 juin, la Réserve fédérale américaine (Fed) a relevé son taux directeur de 75 points de base et a maintenu que d’autres hausses étaient à venir.

« Je ne dirais pas que le secteur a nécessairement touché le fond, affirme Ryan Crowther, vice-président et gestionnaire de portefeuille chez Franklin Bissett Investment Management à Calgary. Je pense toujours qu’il y a des composantes du secteur technologique qui reflètent encore des valorisations assez favorables. »

Avec des facteurs macroéconomiques qui poussent à la baisse les cours des actions technologiques, s’agit-il d’une opportunité d’achat de choix ?

« Je pense que oui, déclare Wes Ashton. En général, si j’avais de l’argent à déployer, j’ajouterais à ces secteurs, en fonction de votre tolérance au risque. Mais je pense que lorsque vous ajoutez ces noms de bonne qualité [comme Apple et Amazon], et que vous vous projetez dans les trois ou cinq prochaines années, ils seront dans une meilleure position qu’ils ne le sont maintenant. Posséder des sociétés de bonne qualité à des prix plus attractifs a du sens. »

Selon Ryan Crowther, « de manière sélective, cela l’est », en particulier pour les noms qui sont rentables et qui génèrent des flux de trésorerie.

Ryan Crowther, qui gère le fonds Franklin Bissett Dividend Income, a renforcé ses positions dans Cisco Systems Inc. et Intel Corp. au cours des deux derniers mois. Il a déclaré que les deux sociétés avaient des valorisations favorables à l’approche de 2022 et qu’elles le sont toujours. En outre, il apprécie les fondamentaux de ces deux sociétés.

Au début de l’année, les deux positions avaient une pondération de 3 % dans la portion d’actions américaines de Franklin Bissett, et Ryan Crowther les a portées à environ 4 %. Le portefeuille est composé d’environ 60 % d’actions canadiennes, 20 % d’actions américaines et 20 % de titres à revenu fixe.

Selon Wes Ashton, la hausse des taux d’intérêt peut nuire à la capacité d’une entreprise de réunir des capitaux pour investir dans son entreprise.

« Lorsque les banques centrales augmentent les taux d’intérêt, il est évident que la capacité d’emprunter devient plus coûteuse et, par conséquent, l’argent se fait plus rare pour revenir dans certaines de ces entreprises qui font appel aux marchés publics ou à différentes institutions pour obtenir des liquidités », résume-t-il.

Des inquiétudes ont été exprimées dernièrement sur le fait que si les banques centrales augmentent agressivement les taux d’intérêt à l’avenir, cela pourrait faire basculer l’économie mondiale dans une récession.

Considérant que les données économiques sont publiées des mois après que l’économie soit entrée en récession, « nous pourrions très bien être déjà en récession », admet Wes Ashton, ajoutant qu’il ne pense pas que ce soit le cas. Il a également observé que l’économie mondiale pourrait être sortie de la récession avant que les données ne suggèrent qu’elle soit terminée.

Pour ce qui est de la tenue des valeurs de croissance en cas de récession, Wes Ashton évoque la crise financière de 2008.

Les valeurs de croissance « ont connu une croissance exceptionnelle au milieu de la récession [de 2008], car les marchés ont sorti l’économie de la récession du fait qu’ils sont tournés vers l’avenir ».

« Ce qui se passe, c’est que les gens disent : ‘À l’avenir, les actions vont valoir moins parce qu’il y aura moins d’argent à investir dans ces entreprises’. Il en va de même lorsque, tout à coup, les perspectives deviennent plus positives. Tout d’un coup, [avec] ces valeurs de croissance, [les investisseurs] vont se dire : ‘Vous savez quoi ? Leurs bénéfices futurs vont être vraiment bons pour ces raisons spécifiques’. »

Wes Ashton ajoute ne pas être certain que les valeurs de croissance mèneront la charge pour sortir d’une récession, mais que « ce sont les valeurs les plus malmenées » et « à un certain point, elles deviennent très attrayantes et vous avez plus d’acheteurs nets que de vendeurs nets. »