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La multiplication des conseillers-robots est l’un des changements les plus marquants pour les consommateurs en matière de conseils financiers, spécialement dans le domaine de la planification financière, estime le New York Times.

Au cours de ces dernières années, l’irruption sur le marché de services automatisés a en effet popularisé une nouvelle façon pour les clients d’obtenir une aide « professionnelle » sans avoir besoin de rencontrer un spécialiste en finances personnelles, du moins dans le cas des investissements peu élevés.

L’intérêt? Le client répond à des questions simples en ligne, créant ainsi lui-même ses portefeuilles d’investissement définis par un « pilote automatique », en l’occurrence des algorithmes, le tout sans réellement interagir avec une « vraie » personne.

LES « VRAIS » CONSEILLERS SONT APPRÉCIÉS DES CLIENTS

Malgré tout, constate le NYT, un nombre croissant de ces services en ligne automatisés prévoient la possibilité, pour les internautes, de pouvoir contacter des planificateurs financiers en chair et en os, et ce souvent à un coût inférieur de moitié à celui d’un conseiller traditionnel. C’est par exemple le cas de la compagnie américaine Betterment qui, avec quelque 15 milliards de dollars sous gestion, est aujourd’hui l’une des entreprises les plus florissantes de sa catégorie.

Betterment a commencé à occuper ce créneau en misant sur le tout numérique avant de choisir l’an dernier d’y intégrer également des conseillers « humains » pour rassurer sa clientèle et développer davantage sa part du lucratif marché des investissements à faibles coûts. Une recette qui lui a réussi, estime le NYT, puisque désormais le coût de ses conseils est encore plus bas qu’auparavant grâce à une série de forfaits en planification financière allant du prix d’une paire de jeans à celui d’une voiture achetée par le biais de paiements mensuels.

« Bien que nous soyons fermement convaincus de la capacité de la technologie à fournir des conseils financiers, celle-ci n’a pas encore été en mesure de résoudre certains problèmes particulier. En outre, l’argent est aussi quelque chose d’émotionnel », justifie Nick Holeman, planificateur financier chez Betterment.

« LES GENS SONT FONDAMENTALEMENT PARESSEUX »

La politique de la compagnie repose sur l’idée que les consommateurs ne demandent le plus souvent des conseils que lorsqu’ils en ont vraiment besoin. « Pour certains, c’est quand ils se rendent compte qu’ils sont des adultes sur le plan financier. Chez d’autres, le besoin de conseils peut survenir près la naissance d’un enfant, lorsqu’ils s’aperçoivent par exemple que celui-ci devra un jour faire des études universitaires et que cela coûte cher », remarque Jon Stein, directeur général de Betterment. Mais jusqu’à ce que ce déclic-là se produise, ajoute-t-il,  « les gens sont fondamentalement paresseux et ne veulent pas perdre de temps à étudier leurs finances ».

Cette volonté d’« humaniser » le conseil financier automatisé n’est toutefois pas partagée par tous les acteurs du milieu. Ainsi, Wealthfront, la deuxième plus importante société indépendante aux États-Unis avec un actif sous gestion de 11,3 milliards, s’est au contraire engagée à suivre une politique du tout-numérique.

Dans l’ensemble, cependant, les options en ligne se multiplient pour attirer les consommateurs désireux de profiter des conseils d’un professionnel. Selon certains analystes, la question qui se pose dans ce cas est de savoir si les sociétés engagées dans cette politique peuvent gagner suffisamment d’argent en facturant si peu à leurs clients. Au cours des dernières années, plusieurs firmes de conseil en ligne indépendantes, dont WorthFM, Hedgeable et LearnVest, ont en effet dû mettre la clé sous la porte, tandis que certaines, comme Invessence, ont vendu leur technologie à d’autres sociétés de gestion de fonds.