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La correction des marchés est encore loin, et elle sera assez modérée pour offrir de belles aubaines, dit Craig Jerusalim, gestionnaire de portefeuille à Gestion d’actifs CIBC.

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« Beaucoup d’investisseurs sont inquiets de voir le cycle d’expansion économique actuel entrer dans sa neuvième année, ce qui en fait l’un des plus longs de l’histoire nord-américaine. Ajoutez à cela la surévaluation des titres par rapport à leurs moyennes à long terme, l’environnement politique que l’on peut assurément qualifier de sans précédent, et les risques liés aux ententes commerciales avec les États-Unis : tout cela donne aux investisseurs de quoi s’inquiéter ! », dit Craig Jerusalim.

Pourtant, l’expert se dit « très optimiste pour les marchés d’actions » lorsqu’il analyse les indicateurs fondamentaux de l’économie.

« Par exemple, nous ne sommes jamais entrés dans un marché baissier avec des chiffres de l’emploi comparables à ceux d’aujourd’hui. Les derniers rapports sur l’emploi non agricole indiquent une forte création d’emploi, qui porte maintenant le chômage sous la barre des 4 %. Cela serait plus inquiétant si on n’observait pas du même coup une hausse du taux de participation au marché de l’emploi, à hauteur de centaines de milliers de nouveaux emplois cette année », dit Craig Jerusalim.

Il constate aussi que les entreprises ont l’humeur au beau fixe, un autre bon signe pour l’avenir.

« Les indices des directeurs d’achat (PMI) continuent de croître au niveau mondial, et surtout aux États-Unis, où l’optimisme des petites entreprises atteint des sommets. Or, ce sont les petites entreprises qui propulsent l’économie et la création d’emploi. Elles profitent actuellement de la réforme fiscale américaine et des bas prix des matières premières, et leurs profits affichent une saine croissance avant même qu’elles aient commencé à profiter de leurs nouveaux investissements opérationnels. »

Un autre sujet d’inquiétude chez les investisseurs est « l’aplatissement » de la courbe de rendement, soit les taux exigés par les investisseurs obligataires à diverses périodes de détention. Mais selon Craig Jerusalim, la Fed a la situation bien en main.

« À moins que la courbe s’inverse, son aplatissement n’est pas une raison suffisante pour se débarrasser de ses actions. Historiquement, lorsque les écarts des bons du Trésor à 2 et à 10 ans étaient entre 0 et 0,5 comme c’est le cas aujourd’hui, les marchés ont réalisé des performances moyennes à supérieures, avec relativement peu de volatilité. La Fed augmente peu à peu ses taux pour les bonnes raisons, soient la croissance et la vigueur économique. Tant qu’elle continue de le faire de façon mesurée, la croissance se poursuivra dans l’avenir proche. »

Quant à la surévaluation des actions, elle aussi est là « pour de bonnes raisons » selon lui.

« Les taux d’intérêt demeurent accommodants, la profitabilité est élevée et les perspectives de profits sont solides. Nous finirons par voir une correction de 20 % sur les marchés, qui nous amènera dans une tendance baissière, mais à moins de voir des signes d’excès comme avec l’immobilier en 2007 ou les technologies en 1999, cela nous donnera plutôt de belles occasions d’achat », croit Craig Jerusalim.

« Beaucoup de gens sont encore marqués par la forte chute des marchés durant la crise financière. Mais il s’agissait d’un événement unique en 80 ans, et il y a peu de chances de le voir se répéter avec une telle amplitude.

Le meilleur scénario possible, selon lui, est de voir la croissance des profits par action surpasser la croissance des prix des actions, ce qui amènera « naturellement » une baisse des prix à terme.

« Quant à la longévité du cycle actuel, l’Amérique du Nord a connu une énorme récession en 2007-2008 mais la reprise qui l’a suivie a été la plus lente depuis la Seconde guerre mondiale. Sans doute le faible niveau de spéculation a-t-il permis au cycle d’expansion de se prolonger », dit Craig Jerusalim.

Il recommande donc aux investisseurs de se placer « du côté de la croissance et de l’expansion », et d’exposer leurs portefeuilles à des entreprises qui réalisent de fortes ventes tout en améliorant leurs éléments fondamentaux. Au Canada, il donne en exemple les entreprises Spinmaster, NFI Group et Premium Brands, qui selon lui « répondent à ces critères et se négocient à des prix en deçà de leurs niveaux records ».

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.