Blocs de bois sur une table.
Photo : gajus / 123RF

Non seulement il offre un refuge en période d’instabilité, il est aussi sourd aux rumeurs de guerre commerciale, note Jon Cheigh, chef de l’immobilier mondial chez Cohen & Steers à New York.

Cliquez ici pour entendre l’entrevue complète en baladodiffusion sur Gestionnaires en direct, de la CIBC

« Pendant que les marchés mondiaux chutaient de 13,4 % au quatrième trimestre, l’immobilier ne subissait que 5,7 % de pertes, soit une surperformance par rapport aux autres actions. Ce n’est pas juste un effet de moyenne : on a vu le même phénomène dans chaque région du monde. Par exemple, en Asie-Pacifique, l’immobilier a perdu 0,9 %, contre 11 % pour l’ensemble des actions », remarque Jon Cheigh.

Selon l’expert, cela est dû à des atouts spécifiques aux entreprises immobilières, comme leurs dividendes importants et leurs revenus plus stables et durables que dans d’autres secteurs.

« Les flux de trésorerie de ces entreprises dépendent des édifices à bureaux, des bâtiments résidentiels, des entrepôts ou des centres commerciaux qu’elles possèdent. Elles touchent des loyers reposant sur des contrats de trois, cinq, dix ou quinze ans selon le type de marché et de propriété », dit Jon Cheigh.
Même si l’économie mondiale monte ou descend durant une période donnée, ces entreprises continuent à générer ces revenus contractuels, et c’est pourquoi leurs titres sont plus défensifs que ceux d’un constructeur automobile, d’un transporteur aérien, ou d’un fournisseur de pièces de téléphones mobiles, donne-t-il à titre d’exemples.

« L’autre avantage des entreprises immobilières, c’est qu’on n’a pas besoin de s’inquiéter des enjeux qui font actuellement les manchettes, comme les barrières douanières et leurs effets sur les chaînes d’approvisionnement », ajoute Jon Cheigh.

« Ces entreprises ne sont généralement pas multinationales, et n’ont souvent pas de chaînes d’approvisionnement. Elles possèdent des centres commerciaux, des bâtiments résidentiels et des édifices à bureaux, qui appartiennent à l’économie locale. »

M. Cheigh reconnaît que la surperformance de l’immobilier pendant la déroute des marchés d’actions au quatrième trimestre est à mettre en contraste avec sa sous-performance pendant les trois à cinq dernières années.

« Mais il faut noter que, pendant ces années, le reste des marchés d’actions a eu tendance à voir gonfler ses multiples cours-bénéfices, et une partie de ses performances provenaient de là plutôt que d’une croissance des bénéfices. Pendant ce temps, les entreprises immobilières ont vu leurs bénéfices croître de façon continue et leurs multiples cours-bénéfices sont demeurés stables, ou ont même rétréci dans certains cas », explique-t-il.

« C’est pourquoi de notre point de vue, les titres immobiliers ont commencé à surperformer en raison de leurs dividendes, de leur stabilité et de leur simplicité, mais aussi parce qu’ils étaient abordables. Ils n’avaient pas connu de hausse des multiples cours-bénéfices, et dans un marché où les investisseurs craignaient un ralentissement de la croissance, se méfiaient de la surévaluation après plusieurs années de hausse, et s’inquiétaient des rumeurs de guerre commerciale, l’immobilier était un secteur qui ne présentait pas ces problèmes. C’est donc peu surprenant que l’on ait vu ce déplacement des capitaux vers un secteur où, selon nous, les éléments fondamentaux sont solides et les prix sont bons. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.