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À l’heure où de nombreuses multinationales sont à la peine en raison de la crise sanitaire, le plus important gestionnaire d’actif de la planète enregistre un bénéfice net record de plus de 1,3 milliard de dollars américains, rapporte le Journal de l’économie.

Une performance hors du commun si l’on se souvient que lorsque BlackRock a été introduite en Bourse, il y a 21 ans, son action valait à peine 14 dollars, comparativement à 650 aujourd’hui, souligne le quotidien français dans son édition de lundi. Celui-ci revient ensuite sur le parcours du géant américain pour tenter de comprendre comment il a pu se hisser à un tel niveau en dépit d’une conjoncture souvent difficile. Il rappelle par exemple que, au plus fort de la crise financière de 2008, BlackRock était parvenu à « traverser la turbulence sans encombre ».

Mieux encore, dès l’année suivante, alors que le marché était au plus bas, la société avait réussi à doubler de taille en rachetant, pour la bagatelle de 13,5 milliards, la société Barclays Global Investors. « Avec une croissance de 12 % sur un an pour atteindre un encours de 7 808 milliards et un bénéfice net de 1,36 milliard, soit un bond de 22 % sur un an, la firme de Larry Fink a dépassé toutes les attentes », s’étonne le Journal.

LE SECRET DE LA RÉUSSITE DE BLACKROCK : ALADDIN

Selon le quotidien, le secret de cette exceptionnelle réussite est dévoilé dans La Face cachée de l’intelligence artificielle (VA Éditions). Rédigé par Boussad Addad, chercheur à l’École normale supérieure de Cachan, en France, cet ouvrage décrit les origines du géant de Wall Street, « qui a fait de son intelligence artificielle baptisée Aladdin un vrai cheval de bataille ». En réalité, ajoute le Journal, le nom de ce personnage de fiction recouvre plus prosaïquement « un monstre composé de 6 000 ordinateurs hébergés dans l’État de Washington », et qui « ingère des quantités astronomiques de données de tout genre ».

« Plus qu’une boussole, Aladdin permet à BlackRock de répondre à la question que tout investisseur qui veut fructifier son argent se pose : sur quel navire mettre son argent pour qu’il arrive à temps en toute sécurité? », explique notamment Boussad Addad dans son livre. Ce dispositif sans équivalent dans le monde lui permet, par exemple, d’évaluer le risque en analysant des « océans de données », notamment l’historique de tous les accidents de parcours d’un produit financier, ses performances moyennes au cours des dernières années, ou encore le degré d’expertise des dirigeants de la firme qui le propose. Sans oublier, bien sûr, de le replacer dans un contexte mondial afin de voir s’il risque ou non d’être affecté par les soubresauts des marchés.

Recourant à une métaphore marine, Boussad Addad explique qu’Aladdin effectue ces calculs non pas pour un seul navire, mais pour toute la flotte mondiale, résume le Journal de l’économie. Admiratif, ce dernier relève qu’il est même « capable de prédire des événements rares et dangereux, comme le fait d’heurter un iceberg ou la survenue d’une Vague du Nouvel An, qui serait fatale à un navire ». Ce n’est sûrement pas un hasard si Aladdin a été vendu sous licence « aux plus grandes banques mondiales », conclut le quotidien, qui s’extasie devant « ces nouvelles technologies qui font visiblement des miracles ».