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Pétrole, cuivre, charbon et engrais sont parmi les matières premières porteuses pour les mois à venir, selon Daniel Greenspan, analyste principal et directeur de l’équipe des matières premières à Gestion d’actifs CIBC.

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À mesure que l’économie rouvre, on assiste à des pénuries de nombreux types de matières premières, qui ont fait grimper les prix à des niveaux records. L’expert note que cette disparité entre l’offre et la demande s’étend à l’ensemble du secteur, qu’il s’agisse de maïs et de soja ou de bois, d’acier, de métaux de base ou encore d’énergie. L’écart a commencé à se resserrer, mais la direction des prix est incertaine selon lui.

« La demande reste raisonnablement élevée et l’offre s’adapte, mais certaines décisions politiques dans des marchés de premier plan comme la Chine pourraient avoir un effet sur les prix. En ce qui concerne les métaux en particulier, la Chine tente de mettre fin à la spéculation et à faire pression sur les prix à court terme, et il est possible qu’elle se débarrasse d’une partie de ses réserves stratégiques, injectant ainsi dans le marché des tonnes additionnelles d’aluminium, de zinc et de cuivre, ce qui fera aussi baisser les prix », prévient Daniel Greenspan.

« Il est vrai que la demande va continuer de grimper à mesure que d’autres économies rouvrent de par le monde, mais la taille de la Chine fait que son impact sur les marchés va rester élevé », poursuit-il.

L’expert a identifié quatre types de matières premières qui selon lui devraient voir leurs prix grimper dans la seconde moitié de 2021.

Tout d’abord le pétrole; « l’OPEP continue de gérer la production de ses membres et les producteurs américains restent disciplinés parce que les investisseurs leur réclament un retour sur capital plutôt que de la croissance. Du point de vue de la demande, le pétrole est une bonne façon de miser sur les réouvertures alors que la production industrielle, les kilomètres parcourus, et les voyages aériens continuent de s’intensifier », dit Daniel Greenspan.

Du côté des métaux, il cite le cuivre, qui s’échange près des 4 $ la livre et représente donc un choix d’investissement judicieux « à moyen et long terme ».

Vient ensuite le charbon de sidérurgie.

« Les flux mondiaux de charbon ont été perturbés par une dispute entre l’Australie et la Chine, mais à mesure que l’Inde et l’Europe accélèrent leur production d’acier et que la demande augmente, le charbon de sidérurgie expédié par l’Australie trouvera des ports pour l’accueillir », dit Daniel Greenspan.

Enfin, l’expert voit d’un bon œil les perspectives des prix des engrais, comme la potasse.

« Les prix élevés des cultures, surtout de maïs et de soja, vont encourager les agriculteurs à maximiser le rendement de leurs terres cette année, ce qui se traduit par des achats supplémentaires d’engrais. Au même moment, l’offre de potasse est bien gérée, mis à part certains risques de sanctions envers la Biélorussie qui pourrait retirer de la potasse du marché », poursuit Daniel Greenspan.

Il mentionne plusieurs sociétés qui vont profiter de ces développements.

Pour le pétrole, il nomme l’Albertaine Cenovus, parce qu’elle a intégré avec succès les actifs de Husky dans son portefeuille et devrait les exploiter efficacement, et il est possible que l’apport de liquidités la pousse à un rachat d’actions ou à une hausse de son dividende.

Dans les métaux de base et le charbon de sidérurgie, il apprécie la Britanno-Colombienne Teck Resources qui profite de plusieurs catalyseurs dont une expansion de ses installations portuaires à Neptune, la construction du grand projet de mine de cuivre QB2 au Chili, et la vente probable d’actifs comme des mines de cuivre en développement et sa participation au projet de sables bitumineux Fort Hills.

Enfin pour les engrais, c’est la Saskatchewanaise Nutrien qui est active dans la potasse, l’azote et la vente au détail. L’entreprise est bien positionnée pour profiter du tonus économique des agriculteurs, tant au niveau du marché de gros que du détail. Selon l’expert, Nutrien est en mesure d’accroître sa capacité de production pour profiter des prix plus élevés et ses états financiers sont déjà en très bonne forme, ce qui promet pour la suite.

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.