Photo : Wang Tom / 123RF

Les femmes seraient moins préparées à la retraite, et devraient s’intéresser davantage à leur planification financière. Morningstar propose quelques lignes de conduite pour y arriver.

Le débat actif parmi les chercheurs autour d’une éventuelle crise de la retraite en Amérique du Nord fait grande polémique. Certains soutiennent que les travailleurs ne manqueront pas d’argent pendant leur retraite, malgré des statistiques criantes sur l’insuffisance des niveaux d’alimentation des régimes de retraite. Pendant ce temps, d’autres affirment que la crise sera générale. Cependant, ces chercheurs s’accordent sur un point : la position des femmes dans le processus de préparation à la retraite est pire que celle des hommes sur presque toutes les mesures importantes.

Les raisons sont multiples, mais quelques facteurs ressortent. Les femmes ont des revenus inférieurs à ceux de leurs homologues masculins, en raison à la fois de l’inégalité salariale et du fait qu’elles sont plus susceptibles d’arrêter de travailler ou d’adopter un horaire réduit pour consacrer du temps à la garde des enfants, de parents âgés ou les deux. La baisse des gains se traduit par une plus grande incapacité à alimenter leurs comptes de retraite.

Il n’existe pas de solution facile au problème, croit Christine Benz de Morningstar, mais les femmes devraient envisager les étapes suivantes pour éviter un déficit.

MAXIMISER LES CONTRIBUTIONS

Une grande partie de l’écart de revenus et de l’épargne-retraite entre les sexes est causée par la réduction du nombre d’heures travaillées ou l’arrêt de travail en vue de consacrer du temps aux soins non rémunérés pour les enfants ou des parents âgés.

Ces décisions de vie vont au-delà de l’argent, et les femmes n’ont pas toujours un contrôle total ni sur leur employeur ni sur le début ou la fin de leurs responsabilités de soignant. Mais dans la mesure du possible, celles qui prévoient de tels évènements devraient préférer les employeurs qui offrent des politiques favorables à la famille, telles que le congé parental payé et les horaires de travail flexibles.

Comme environ 60 % des aidants familiaux sont employés, les entreprises reconnaissent l’importance des politiques qui les soutiennent. Le nombre d’entreprises proposant des congés familiaux rémunérés a considérablement augmenté ces dernières années.

Les données montrent également que les revenus des femmes ont tendance à atteindre un plateau plus tôt que ceux des hommes. Cela accentue les avantages pour les femmes de maximiser les cotisations au cours des premières années d’emploi, au moment où elles peuvent tirer le meilleur parti de la capitalisation, et de profiter au maximum des possibilités d’épargne-retraite.

ÊTRE PLUS IMPLIQUÉES

Des études ont montré que les femmes investissaient de manière plus prudente que les hommes, échangeaient moins, étaient plus patientes ou étaient davantage axées sur les objectifs.

L’automatisation des investissements dans une combinaison adaptée à l’âge et à la situation, comme un fonds à date cible par exemple, permet de compenser ce manque. Alors que de nombreux épargnants profitent des investissements automatiques dans le cadre de leurs régimes de retraite d’entreprise, les investissements dans les REER et les comptes imposables peuvent également être facilement automatisés. L’utilisation d’un produit multi-actifs comme un fonds à date cible élimine les conjectures sur la façon d’investir les fonds.

TRAVAILLER PLUS LONGTEMPS

Les avantages financiers de travailler plus longtemps sont indéniables : des cotisations supplémentaires à un régime de retraite, des retraits de portefeuille retardés, une période de prélèvement plus courte et une sécurité sociale retardée peuvent tous contribuer à renforcer la viabilité d’un régime de retraite. Les avantages du report de la retraite sont particulièrement importants pour les femmes. Cela plaide pour le maintien des compétences professionnelles par des investissements dans la formation continue, et en investissant dans la santé physique.